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Présentation
générale La
lettre de l'AGRI Bien-être animal
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La Lettre
n°14 de l'AGRI Bien-Etre Animal
Septembre 2002 -
Compte
rendu du séminaire du 25 septembre 2002, à l'INA PG, Paris "
l'hédonisme et l'anhédonisme " organisé
par Alain Boissy Alors
que le bien-être animal est devenu un objet d'étude à part
entière, la mesure des émotions est très peu prise en considération
chez les animaux d'élevage. En outre, lorsque les émotions sont
appréhendées chez l'animal, ce sont surtout les émotions
négatives. Le plaisir, voire la recherche du plaisir, est très peu
abordé chez les animaux et encore plus rarement chez les animaux d'élevage.
Pourtant, le bien-être est un concept plus large que la simple absence de
stress. D'où l'idée de faire un tour d'horizon des aspects historico-philosophiques,
cliniques et théoriques des émotions positives. L'objectif du
séminaire était de prendre connaissance des différentes approches,
du type de travaux réalisés, d'identifier des analogies avec les
approches réalisées sur l'homme et les animaux de laboratoire, le
tout dans le but de chercher à introduire les notions de plaisir ou au
contraire de perte du plaisir dans les recherches sur le bien-être des animaux
en élevage. Ce séminaire a réuni 46 personnes, principalement
du réseau AGRIBEA. -
France
Bellisle (Inserm,
Paris) a présenté
un exposé de sur les plaisirs et les aversions alimentaires chez l'homme.
Le plaisir dépend à la fois des stimuli sensoriels provenant de
l'environnement et des stimuli internes qui signalent le besoin. Le goût
de l'aliment dépend de l'intégration des signaux émanant
des différents systèmes sensoriels extéroceptifs, alors que
le goût pour l'aliment dépend à la fois de ces afférences
sensorielles et de l'état de besoin relatif. Des réflexes innés
(réflexes gusto-faciaux) suggèrent que chez l'homme le goût
sucré serait agréable avant toute expérience alimentaire
alors que l'amertume serait aversive. Plus généralement, l'expérience
permet à l'individu de se constituer une hiérarchie de préférences
et d'aversions alimentaires apprises : les aversions sont apprises lorsque l'ingestion
d'un aliment est suivie d'un malaise digestif impliquant souvent la nausée
; par contre, lorsque la consommation de l'aliment est suivie de sensations agréables
de satiété, une préférence se développe pour
les qualités sensorielles de cet aliment. L'aversion alimentaire est apprise
en une fois et perdure souvent plusieurs années, alors que les préférences
sont apprises par la répétition de l'association entre caractéristiques
oro-sensorielles des aliments et conséquences post-ingestives favorables.
Quant au dégoût, il relève d'un mécanisme différent
de l'aversion. Il s'agit d'une émotion provoquée par un aliment
qui n'a jamais été consommé mais que le consommateur potentiel
imagine comme contaminant et impropre à la consommation. Le dégoût
concerne souvent des substances d'origine animale. C'est une attitude acquise
par l'enfant vers l'âge de 4 ans, lorsqu'il commence à choisir ses
aliments et doit apprendre que certains objets de l'environnement (saletés,
excréments, insectes
) sont impropres à la consommation.
-
Arnaud
Aubert (Université Fr. Rabelais, Tours)
a abordé la mesure du plaisir chez l'animal. L'évaluation de l'hédonie
pose de nombreux problèmes chez l'animal et se réduit essentiellement
au plaisir sensoriel. Les travaux font le plus généralement appel
à la consommation de sources alimentaires appétantes (généralement
au goût sucré ou vanillé). Partant de l'axiome selon lequel
on veut ce que l'on aime, les méthodes les plus couramment utilisées
mesurent la consommation totale ou relative (préférence) du produit
testé. Si de telles méthodes ont l'avantage d'un faible coût
et d'une facilité de mise en uvre, elles se révèlent
par contre sensibles à de nombreuses sources d'interférences qui
limitent l'analyse des processus hédoniques chez l'animal. Une alternative
est de s'affranchir des quantités ingérées pour se focaliser
sur les modifications d'expression oro-faciale des sujets en réponse à
des solutions variées. La prudence s'impose néanmoins quant aux
inférences qui peuvent être faites à partir de l'activité
consommatoire des animaux. Face à ces difficultés théoriques
et pratiques, d'autres approches ont été développées
chez l'animal. Le jeu, et en particulier le jeu social, apparaît comme un
bon candidat, de par sa forte valeur renforçante et son association avec
des structures cérébrales impliquées dans les processus hédoniques.
De plus, le jeu étant aisément identifiable chez la plupart des
mammifères et des oiseaux, son étude serait certainement payante
en offrant une approche directe, intégrative et signifiante des émotions
positives chez l'animal. -
Stéphanie
Dubal (Cnrs, Salpétrière)
a présenté les aspects cliniques de l'anhédonie chez l'homme.
L'anhédonie, définie comme la perte de la capacité à
éprouver du plaisir, se manifeste dans de nombreuses pathologies : elle
constitue un symptôme majeur des états dépressifs, et se retrouve
dans les troubles schizophréniques et dans certaines pathologies neurologiques.
L'anhédonie se manifeste également chez le sujet normal en réaction
à un événement aversif ou encore sous la forme d'un trait
de personnalité. En outre, il existe une grande hétérogénéité
clinique : on peut rencontrer soit des patients associant un émoussement
de l'affectivité, avec un ralentissement psychomoteur, soit des patients
présentant plutôt une hyperémotivité, avec une sémiologie
anxieuse et une impulsivité. Cette hétérogénéité
clinique s'accompagne d'une hétérogénéité de
certains processus cognitifs, dans le sens d'une association entre les symptômes
négatifs et un déficit de la capacité à soutenir l'attention.
Cette difficulté cognitive a été retrouvée de façon
moins déficitaire chez des sujets présentant un trait de personnalité
anhédonique, en dehors de toute pathologie associée. L'anhédonie,
chez ces sujets, représenterait un facteur de risque potentialisant la
probabilité d'apparition d'un trouble psychiatrique, en particulier d'un
trouble schizophrénique. Néanmoins, les études longitudinales
n'ont pas pu confirmer cette hypothèse ; il semblerait que l'anhédonie
puisse constituer un facteur de vulnérabilité quand elle est associée
à un trouble de l'attention chez l'enfant. -
Jean-Luc
Moreau (Hoffmann-La Roche Ltd) a rapporté
les travaux de modélisation de l'anhédonie chez le rat afin de simuler
des états dépressifs humains. Le stress chronique est reconnu comme
un facteur déterminant dans l'étiologie de la dépression.
Des rats de laboratoire soumis à un régime de stress chronique et
imprévisible présentent des déficits comportementaux reflétant
une perte de sensibilité au plaisir, tels qu'une diminution de la fréquence
d'autostimulation ou une augmentation du seuil d'auto-stimulation. Cette anhédonie
en réponse au stress se développe progressivement et peut être
prévenue ou abolie par administration chronique de traitements antidépresseurs
tels que tricycliques, atypiques, IMAO ou électrochocs. De plus, les animaux
stressés présentent des anomalies du sommeil paradoxal similaires
à celles observées chez les patients déprimés. Ces
données confortent l'anhédonie induite par stress chronique chez
le rat comme modèle animal original des troubles dépressifs. Ainsi,
ce modèle offre une simulation réaliste de certains aspects de la
dépression chez l'homme et pourrait se révéler utile à
une meilleure compréhension des mécanismes sous-tendant certains
états dépressifs.
-
Michel
Cabanac (Université Laval, Québec)
a introduit quant à lui la notion de conscience comme étant indispensable
au plaisir. Les réponses émotionnelles physiologiques qui sont absentes
chez les Poissons et les Amphibiens alors qu'elle sont présentes chez les
Reptiles, montrent que la conscience a probablement émergé chez
ces derniers. Cela est confirmé par des indications vocales (oiseau) et
gestuelles (rat) de plaisir sensoriel. En outre, l'aversion gustative acquise
est présente chez les Reptiles mais non chez les Amphibiens. La sensation
serait le premier élément de la conscience à émerger
dans la phylogenèse. Il s'ensuit que tout objet mental a conservé
la structure de son origine sensorielle, c'est-à-dire est caractérisé
par 4 dimensions: la nature, l'intensité, l'hédonicité et
la durée. Ce postulat explique que le plaisir soit devenu la "monnaie
commune d'échange entre les motivations" : c'est le plaisir qui rend
la sensation si efficace (notion d'alliésthésie) et les comportements
sont optimisés par la maximisation du plaisir. Le plaisir est analogue
a une force qui meut le cerveau. Le plaisir doit être considéré
comme un influence similaire aux 4 forces définies par les physiciens (gravitationnelle,
électromagnétique, nucléaire forte et nucléaire faible). -
Catherine Larrère
(Université Bordeaux III, en détachement à l'INRA),
Raphaël Larrère et Florence
Burgat (STEPE Inra, Ivry) ont apporté un éclairage philosophique
sur l'hédonisme. Concernant l'évolution de la pensée, Fl.
Burgat a rappelé la distinction qui était faite dans l'antiquité
entre plaisir corporel et plaisir psychique, auquel est attribuée une plus
grande valeur (Platon). Pour les épicuriens, la recherche du plaisir physique
est un comportement spontané et valorisé pour lui même. Ce
point de vue est repris par Montaigne au XVIème siècle et l'utilitarisme
(en particulier, Jeremy Bentham et John Stuart Mill) au XIXème siècle.
Mettant en avant la recherche du plaisir, ces auteurs élaborent une théorie
morale permettant de juger les actions sur leurs conséquences, selon la
balance entre les souffrances qu'elles infligent et les plaisirs qu'elles procurent.
Enfin, F. Burgat rappelle comment Sigmund Freud reformule la notion de plaisir
dans une théorie des pulsions de l'inconscient.
-
Catherine
Larrère
a procédé à un commentaire du texte de JC Wolf (Hédonisme
: Plaisir et peine. In : Dictionnaire d'éthique et de philosophie morale,
sous la direction de Monique Canto-Sperber, PUF, 1996) qui avait été
distribué au préalable. Cet article présente trois niveaux
d'approche (psychologique, axiologique et normatif). Le niveau psychologique constitue
le niveau descriptif : le plaisir est défini comme une fin naturelle, que
poursuivent tous les individus (motivation des comportements). Au niveau axiologique,
le plaisir est un bien et la douleur un mal : en particulier les utilitaristes
accordent au plaisir une valeur intrinsèque. Enfin, au niveau normatif,
la recherche du plaisir peut faire l'objet de prescription et d'interdiction :
il y a dissymétrie entre la recherche du plaisir (non impératif)
et l'évitement de la douleur (impératif). C. Larrère a développé
ensuite trois points. Le premier concerne la diversité des doctrines hédonistes
: pour l'hédonisme antique (par exemple l'Epicurisme), la morale est individuelle
alors que pour l'utilitarisme moderne, l'éthique morale est publique et
collective (i.e., recherche du plus grand bonheur pour le plus grand nombre).
Le deuxième point concerne le passage du niveau descriptif (le plaisir
est une fin en soi quel que soit l'individu) au niveau normatif (il est moralement
bon de chercher le plaisir) : passer du fait à la norme ne va pas de soi.
Dans ce cas, il ne suffit pas d'agréger les bonheurs individuels pour avoir
le résultat collectif. Autrement dit, on ne peut pas maximiser le bonheur
de chacun mais on peut maximiser le bonheur du plus grand nombre. Par conséquent,
une proposition morale n'est pas une proposition descriptive. Le troisième
point s'interroge sur le caractère universel de la recherche du plaisir.
Cela ne concerne que les êtres sensibles, alors que seule la conservation
de l'existence est un mobile universel des êtres vivants. Chez les êtres
sensibles, la recherche du plaisir et l'évitement de la douleur ne sont
qu'un moyen de se maintenir en vie et de se reproduire, si bien que le plaisir,
de ce point de vue a une valeur instrumentale et non pas une valeur intrinsèque
comme le prétend l'hédonisme axiologique. -
Raphaël
Larrère a complété ces commentaires sur
l'utilitarisme en formulant trois remarques. Tout d'abord, l'utilitarisme suppose
que le plaisir et la peine peuvent se quantifier alors que les états mentaux
ne sont pas commensurables (la tentative d'objectiver le plaisir par la mesure
des préférences, déjà problématique pour l'homme
l'est encore plus pour les animaux). Ensuite, il fait remarquer que l'utilitarisme
est radicalement égalitaire : chacun compte pour un et ne compte que pour
un dans le calcul utilitariste et tous les plaisirs doivent être pris en
considération de façon impartiale, l'impératif moral étant
de maximiser le bonheur du plus grand nombre. Que faire alors des plaisirs que
procure l'inégalité : si la majorité souhaite qu'il y ait
des discriminations sociales, que peut faire l'utilitariste ? S'il prend en compte
ces aspirations inégalitaires, il ne pourra pas compter chacun pour un.
S'il les récuse, il fait preuve de partialité et ne satisfait pas
à l'impératif moral de l'utilitarisme. Remarquant enfin que l'utilitarisme
justifie le sacrifice d'individus s'il peut s'ensuivre une augmentation du bonheur
du plus grand nombre, il se demande si la protection des individus (hommes ou
animaux) ne nécessite pas une démarche déontologique respectant
en eux une valeur intrinsèque. Aussi, les théories qui tentent d'accorder
des droits moraux aux animaux sont-elles peut-être plus consistantes que
l'utilitarisme.
Rapport de mission
2nd
International Workshop "Assessment of animal welfare at farm and group level"
4-6 Septembre, Bristol (UK) Participants
: C. Arnould (SRA, INRA, Nouzilly), X. Boivin (URH-ACS, INRA de Theix), M.C. Meunier-Salaün
(UMRVP, INRA, Saint-Gilles), V. Courboulay (Institut Technique du Porc, Le Rheu)
Environ 120 personnes ont participé
à ce congrès. Plusieurs pays européens étaient représentés,
ainsi que les Etats-Unis et le Canada. Les participants étaient des scientifiques,
des vétérinaires, des philosophes et des membres d'associations
de protection animale de type RSPCA, chargés de mettre en place des systèmes
d'évaluation du bien-être. Une part importante du congrès
était ouverte à la discussion puisque les conférences se
déroulaient le matin et les après-midi étaient consacrés
à des workshops. Un numéro spécial d'Animal Welfare sera
consacré à ce congrès.
En
ouverture du congrès David Fraser a fait un historique de la montée
en puissance du bien-être animal. Il a souligné les difficultés
rencontrées dans l'appréhension des problèmes de bien-être
: perceptions et attentes différentes selon les personnes impliquées
(scientifiques, public
). Il a insisté sur l'impossibilité
pour le scientifique d'être totalement objectif, que ce soit conscient,
ou non, car le bien-être met en jeu des valeurs éthiques, culturelles
Ceci conduit à l'utilisation de modes d'évaluations (outils) divers,
chacun étant valide dans un cadre donné. H.
Blokhuis a présenté le programme européen COST 846 "Measuring
and Monitoring Farm Animal Welfare". Les résultats des travaux engagés
au sein de ce programme ont fait l'objet de plusieurs présentations au
cours du congrès. Des processus de certification du bien-être en
élevage, actuels ou en voie d'élaboration ("Freedom Food"
en UK, Certification "Organic Farm" en Suisse ou en Autriche, "Free
Farm Certification" aux USA) ont également été décrits.
Les conférences qui ont suivi ont été consacrées à
la question : " comment évaluer le bien-être ? ". Elles
ont porté sur les paramètres utilisés (liés à
l'élevage : logement, climat, pratiques, et à l'animal : comportement,
santé, physiologie, performance), leur validation et la façon d'intégrer
ces paramètres (score, analyse multivariée, index composite). Dans
ce cadre de l'évaluation du bien-être en élevage, C. Arnould
a présenté un poster sur l'utilisation de l'espace par les poulets
de chair en élevage commercial (répartition et utilisation des mangeoires
et des abreuvoirs) et les conséquences de cette utilisation en terme de
bien-être des animaux (C. Arnould et al., How broilers reared in large groups
in commercial conditions use pen space). Une
séance plénière a été consacrée aux
aspects éthiques. Peter Sandøe, philosophe, a posé la question
de savoir dans quelles conditions il est moralement acceptable d'utiliser les
animaux pour produire de la viande et d'autres produits animaux. Il a souligné
que la réponse n'était, bien sûr, pas la même pour tout
le monde. Certaines personnes pensent que les animaux ne devraient pas être
utilisés pour produire. D'autres, qui constituent la majorité, sont
d'accord pour qu'une telle production existe, à condition que les animaux
aient une vie décente et une mort humaine. Cependant, dans cette deuxième
catégorie, il existe des divergences sur ce qui est acceptable (ex. cages
vs débecquage) et sur la légitimité des buts recherchés
(poulets aveugles
). Peter Sandøe a ensuite souligné trois
points. 1. La nécessité de transparence dans l'évaluation
(quoi ? comment ? seuil d'acceptabilité) puisque les termes n'ont pas la
même définition dans tous les pays. 2. La nécessité
de faire des efforts pour augmenter chez les éleveurs leur conscience du
bien-être. 3. La nécessité d'avoir une approche pluridisciplinaire
prenant en compte la biologie, la sociologie, l'économie, la réglementation,
l'éthique. Ces différents points ont été repris dans
les conférences suivantes. Dans le cas de l'animal de laboratoire, la distinction
entre la notion de "gêne" et de "souffrance" a été
soulignée (A. Holland). Les résultats d'une enquête ont
montré que la perception par les éleveurs du bien-être animal
se traduit par une grande confiance vis-à-vis de l'avis porté par
les techniciens d'élevage, une confiance à l'égard des scientifiques
pour définir et mesurer le bien-être, mais un doute quant à
leurs conclusions, et par contre une grande méfiance vis-à-vis des
politiques (M. Vaarst). Ceci montre bien la nécessité de dialogue
entre les différents acteurs de ce dossier. Par ailleurs la définition
des experts du bien-être en élevage a été évoquée
à plusieurs reprises dans les discussions. Ceci a notamment été
illustré par une enquête de la RSPCA, comparant les évaluations
faites par des scientifiques, vétérinaires et techniciens, sur le
bien-être des animaux de laboratoire. Le
lien homme-animal a fait l'objet de plusieurs présentations, en particulier
la revue de X. Boivin, présentée en session plénière
(conférence invitée) et intitulée " Stockmanship: animal
and human welfare? " . Ce dernier a souligné l'importance de la relation
homme-animal dans le travail de l'éleveur et pour le bien-être des
animaux d'élevage et leur productivité. Il a surtout mis l'accent
sur la nécessité de mieux connaître la perception de l'homme
par l'animal (en particulier les émotions générées)
et l'importance des contacts positifs dans cette perception. Cependant comment
maintenir de tels contacts dans un environnement d'élevage où il
y a de moins en moins de personnes et de plus en plus d'animaux ? Différentes
solutions ont été évoquées. Il a rappelé enfin
que le principe de la domestication pourrait être considéré
comme un contrat entre l'homme et l'animal. La considération de l'animal
en tant que partenaire a également été développée
dans l'idée d'une éthique à développer dans les soins
apportés aux animaux par l'homme, en complément d'un objectif de
productivité (R. Anthony). Lors
des workshops, quatre questions ont été abordées et divers
points de vue ont été confrontés. - La question de la
conscience des animaux d'élevage a été débattue. Il
a été suggéré qu'elle puisse être appréhendée
par homologie ou par des études cognitives, et qu'actuellement il manquait
d'informations en amont sur ce qui est important pour l'animal. Certains résultats
d'évaluation sont clairs (douleur, peur), d'autres beaucoup moins (frustration).
Il a été rappelé que le bien-être est plus qu'une absence
de souffrance. - Le bien-être devrait être évalué
à travers des informations sur l'animal et les ressources disponibles.
Il a été souligné qu'il manque encore des résultats
sur les besoins des animaux et les liens entre l'animal et son environnement.
Il existe plusieurs moyens d'évaluer le bien-être, mais ceux-ci reflètent
souvent plusieurs buts. Chaque système d'évaluation a des points
positifs et négatifs, différents selon les buts recherchés.
Il reste aussi des travaux à mener dans les méthodes de validation
de ces systèmes d'évaluation. - Il semble, dans certains cas,
nécessaire d'intégrer différents indices de bien-être
(labels, réglementation
), mais il est important de ne pas regrouper
n'importe quoi ensemble (animal, logement, management
). La nécessité
d'une transparence dans la définition des critères a été
rappelée à maintes reprises dans les présentations et les
discussions sur les méthodes d'évaluation du bien-être. Ce
souci renvoi à la nomination des experts et la possibilité d'une
formation à une expertise "bien-être". Une interdisciplinarité
de l'approche apparaît nécessaire, intégrant la biologie,
la sociologie, l'économie, l'éthique et les aspects réglementaires.
- La nécessité d'intégrer le bien-être avec d'autres
éléments de qualité (sécurité alimentaire,
environnement, biosécurité - bien-être de l'Homme) n'est pas
évident. Il peut y avoir conflit entre bien-être et qualité
(ex. élevage en extérieur vs intérieur et salmonelles, paille
vs caillebotis et NH3
), même si pour certains (et dans certains cas)
bien-être et qualité sont liés positivement (ex. une amélioration
de la manipulation provoque moins de contaminations et une meilleure qualité
de viande). Quoiqu'il en soit, il a été rappelé que la vie
est risquée et qu'une amélioration du bien-être peut provoquer
une augmentation des risques de salmonelles par exemple. Il paraît donc
nécessaire d'éduquer le consommateur afin qu'il puisse faire un
choix libre en étant informé. John
Webster a conclu en soulignant que, depuis le congrès de 1999 au Danemark,
il y a eu une forte augmentation de la quantité de travaux visant à
évaluer le bien-être. Aux Etats-Unis il y a peu de forces en présence,
mais des systèmes d'évaluation du bien-être se mettent en
place à travers des marques (Mc Donald
) et des groupes de producteurs.
Des efforts pour valider les méthodes doivent se poursuivre. Ces méthodes
sont parfois très différentes (méthodes objectives vs subjectives)
et doivent être comparées. Les discussions au sein du COST 846 devraient
permettre de cerner les actions futures à travers le choix de paramètres
d'évaluation pertinents. Action
COST 846 1. Réunion du
sous-groupe de travail "Parameters and protocol for Pigs" du groupe
WG2 "Monitoring farm animal welfare" - M.C. Meunier-Salaün (INRA),
V. Courboulay (ITP) Une réunion de travail a été organisée
en parallèle du congrès, la majeure partie des membres de ce groupe
étant présente. Cette réunion a permis pour V. Courboulay
et M.C. Salaün de présenter les projets de travail français
sur l'enregistrement du bien-être en élevage porcin (projet prévu
dans le cadre de l'appel d'offre DGAL 2003). Cette rencontre avait aussi pour
objectif de concrétiser la participation de la France à ce groupe
de travail, qui se traduit par l'implication de V. Courboulay dans la rédaction
par le groupe d'une synthèse bibliographique sur les différents
critères de mesures classiquement utilisés. Les échanges
entre les différents auteurs se feront essentiellement par courrier électronique
au vu de l'incertitude des attributions budgétaires sur le programme COST
846. Une visite d'élevage a été organisée après
le congrès visant à une discussion sur les fiches d'enregistrement
du bien-être utilisées par les différents participants. Il
a été ainsi souligné la difficulté de certaines mesures
selon les dispositifs présents dans l'élevage (difficulté
d'accès aux animaux par exemple). 2.
C. Arnould a réuni le sous-groupe de travail "Parameters and protocol
for Poultry". Ce sous-groupe n'avait pas encore réellement démarré
du fait des difficultés rencontrées pour le constituer (les personnes
du COST travaillent pour la plupart sur les porcins ou les bovins). Cette réunion
a permis de définir l'organisation du travail à venir dans ce sous-groupe
et notamment le positionnement de chacun par rapport aux différents paramètres
à considérer. Ouverture
de postes - Canada
Research Chair in Food, Animal Behaviour, and Welfare. Department of Animal &
Poultry Science, Guelph Univ. (document disponible chez I. Veissier) - AgResearch
in New Zealand will shortly be advertising for a Senior Scientist and a Post doc
to undertake welfare/behaviour/stress studies of economically important animals
in New Zealand (contact: L. Matthews, AgResearch, NZ) - Researcher position
at the Swedish University of Agricultural Science, contact: L. Keeling, linda.keeling@hmh.slu.se).
- Post-doc position in Applied Ethology, Swiss Federal Veterinary Office for proper
housing of ruminants and pigs (contact : B. Wechsler, Beat.Wechsler@fat.admin.ch)
A
vos agendas ! Séminaires
AGRI bien-être animal Le
séminaire sur les sciences sociales aura
lieu le 8 Janvier 2003 à l'amphithéâtre de l'INRA, 147 rue
de l'Université, Paris 75007. Il est organisé par
Florence Burgat.
Une liste de congrès sur le bien-être pour
l'année 2002 est aussi disponible sur notre site à la rubrique colloque. Le
comité de coordination : I. Veissier, R. Dantzer, F. Lévy |