Depuis 15 ans, grâce au développement de l'informatique
et d'Internet, de nouveaux modèles de communication de
l'information scientifique ont vu le jour. Ces modèles se sont
propagés dans le monde entier, dans différents secteurs de la
science. La mainmise sur la publication scientifique par les
grands éditeurs commerciaux est remise en question.
Cette page, créée en septembre 2000, permet
de surveiller les sites des organismes et des chercheurs les
plus impliqués dans la révolution qui se dessine (mise
à jour mensuelle).
Les idées et la technique : une rétrospective
de ces 15 dernières années
1990-1991 : Premières revues scientifiques électroniques
gratuites. Parmi elles, Psycoloquy
éditée par S. Harnad et Surfaces
éditée par J.C. Guédon. S. Harnad lance le concept qui paraît
évident aujourd'hui, de "scholarly
skywriting" (scielographie savante).
1991 : Création des Archives
arXiv.org par P. Ginsparg, physicien : les publications
sont déposées sur ce serveur au stade de pré-publications,
archivées et accessibles gratuitement à tous. En 12ans, 275
000 publications ont été déposées. On compte actuellement environ
140 000 connections par jour (voir les statistiques d'utilisation).
1993 : Behavioral
and Brain Sciences Target preprints. Des pré-publications
"cibles" déjà acceptées pour publication dans la revue
Behavioral and Brain Sciences (BBS) sont ouvertes aux commentaires
d'autres pairs. Un article "cible" étant un article important,
controversé et qui touche plusieurs diciplines. S. Harnad qui
a imaginé cet élargissement de la critique d'un article, grâce
à l'électronique, parle "d'open peer commentary".
1997 : Création par S. Harnad de l'archive CogPrints
où sont déposés les articles avant publication (pre-print)
et après publication (e-print) en psychologie, neurosciences,
comportement, etc. Cette création d'archives fait suite au manifeste
qu'il a écrit en 94 : Publicly
Retrievable FTP Archives for Esoteric Science and Scholarship:
A Subversive Proposal.
1999-2001 : Naissance de l'Open
Archives initiative" (OAI), standard qui deviendra
international et qui permettra le développemnt des archives
ouvertes.
The Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting
mentionne les normes qui sont nécessaires pour que les archives
deviennent interopérables, c'est-à-dire pour qu'elles puissent
être interrogées simultanément, quelle que soit leur localisation
dans le monde, en une seule requête.
2000-2001 : Création et lancement du logiciel EPrints.org
à l'Université de Southampton (UK). Ce logiciel open source
permet l'auto-archivage des publications des chercheurs sur
les serveurs de leur institution. Son utilisation donne la compatibilité
et donc l'interopérabilité avec toutes les archives
Ouvertes appliquant le protocole
OAI. Cela veut dire que grâce à ce système, la collecte
de l'information se fait entre toutes les archives, comme dans
un seule "archive virtuelle".
Le
mouvement d'Archives Ouvertes et l'OAI
Le mouvement des Archives Ouvertes basé sur l"Open
Archives initiative" (OAI) rassemble des chercheurs
venant de différents secteurs de la science, prêts à travailler
ensemble pour favoriser l'auto-archivage des publications sur
un serveur, par les chercheurs eux-mêmes ou par leur institut.
La Convention
de Santa Fé a d'abord été établie en 1999.
The Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting
est devenue la référence en 2001.
Les outils OAI
Pour auto-archiver des documents compatibles OAI : des
logiciels "offerts"
Le premier logiciel d'auto-archivage
EPrints.org créé en 2000 à l'Université
de Southampton qui a pris le nom de GNU
Eprints .
Pour tester ce logiciel utiliser
Demoprints.
Le système DSpace de
MIT Libraries.
Le CDSware sur lequel
repose le CERN Document Server.
Les derniers venus en 2003/2004 : Arno,
Fedora,
i-Tor,
MyCoRe,
MPGeDoc, Opus, Archimede...
Un
guide comparatif sur ces différents logiciels
pour créer un serveur de dépôt de documents.
Pour interroger toutes les archives compatibles OAI
Voir la liste des differents fournisseurs de services
sur le site Open
Archive.
Nous retiendrons entre autres :
OAIster
: une autre interface d'interrogation des différentes archives
OAI, developpé par l'University of Michigan Digital Library
Production Service.
ARC
à Old Dominion University.
Citebase
Search développé à l'Université de Southampton.
Scirus (Elsevier) qui collecte aussi les données des archives
les plus importantes.
Les archives peuvent être aussi retrouvées par
Google et Yahoo.
Pour connaître toutes les archives OAI
Le
site OAIster, parmi d'autres,
fait un inventaire de toutes les archives avec leur description
et le nombre de documents contenus dans chaque.
Voir la page de T. Brody pour l'inventaire
des Archives avec le logiciel E-prints et la progression
du nombre de documents.
Autres services créés à l'université de Southampton
Les chercheurs travaillent aussi au developpement du projet
OpCit qui
met en relation tous les documents cités dans la bibliographie
et qui se trouvent dans les différentes archives.
Citebase permet de comptabiliser le nombre de fois
qu'un article a été cité. Voir l'exemple
réalisé sur les citations d'articles déposés dans l'Archive
de physique ArXiv.org.
DP9
est un service portail OAI qui permet à un fournisseur de données
OAI d'être indexé par un moteur de recherche Internet. DP9 permet
à ces moteurs de retrouver des enregistrements dans une collection
OAI en exécutant des requêtes OAI et en traduisant les réponses
XML en format HTML.
Paracite est un service experimental qui permet d'identifier
et de localiser le texte des références citées.
Liste Eprints/ROMEO
pour connaître la politique concernant l'auto-archivage
par éditeurs et journaux.
Mise en place du projet Repository
for the Laboratory (R4L
) qui est un entrepôt basé sur E-prints, pour
le dépôt de données expérimentales
et de documents d'un laboratoire de recherche (projet financé
le JISC).
Les
premières archives en France avec le logiciel GNU Eprints
Les premières Archives Ouvertes qui ont été créées
en France se trouvent à : l'Institut
Jean Nicod, l'Archive
Lyon2 , Paristech
, Archivesic, AnimalPhysiology-LivestockSystems
Archive, Archive
ENS LSH , Thèses-En-ligne
... pour voir les autres archives françaises
qui se créent progressivement (également avec
d'autres logiciels que GNU Eprints) aller sur le site Institutional
Archives Registry de l'université de Southampton.
Le "hit parade" des archives
ouvertes institutionnelles dans le monde
Sélection à partir des
396 archives (janvier 2005) comptabilisées par OAister.
Liste sans classement.
Chaque archive a son intérêt propre, dans sa conception
et dans sa politique d'autoarchivage.
En Australie : The Australian National University ANU
eprints repository
En Suède : Lund University Lu
Au Danemark : Organic
Eprints , une achive ouverte pour recevoir toutes les
publications scientifique du monde en agriculture
En Allemagne : Max Planck Society Edoc Server EDoc
Aux USA : University
of California Escholarship repository
En Suisse : Cern
Document Server
En Belgique : BICTel/e
projet des neuf universités de la Communauté française de Belgique
En Grande Bretagne : St
Andrew Eprints Notthingham
Eprints ECS
Eprints service University of Southampton Glasgow
Eprints service
L'implication des bibliothécaires
L'ARL
(l'Association of Research Libraries) regroupe les plus grandes
bibliothèques de recherche américaines. Elle a mis au point
depuis 1962, la collecte de données et le traitement statistique
de toutes les activités des bibliothèques de recherche des USA
(voir par exemple, la courbe
de l'évolution des prix des périodiques et monographies
1986-2002). Une autre de ses initiatives est la Scholarly Publishing
and Ressources Coalition (SPARC).
La SPARC cherche à contre-attaquer les grands éditeurs commerciaux
: elle suscite la création de nouvelles revues, concurrentes
des journaux prestigieux trop coûteux. En juillet 2001,
l'antenne européenne SPARC
EUROPE a été créée.
La California Digital Library (CDL) accueille
le programme "eScholarship"
qui favorise expériences et innovations dans la communication
savante. Elle a ouvert un serveur de publications électroniques
en janvier 2001.
En France, le GRESI, Groupe de Recherche sur les Services d'Information
de l'Ecole nationale supérieure des sciences de l'information
et des bibliothèques (Enssib), a créé un site "Expertise de ressources
pour l'édition de revues numériques". Dans le
contexte du développement international des contenus numériques
sur les réseaux, l'objectif de ce site est de contribuer à l'émergence
de projets nationaux, notamment en terme de revues scientifiques
numériques.
L'émergence
des revues en libre accès
Depuis plusieurs années, on assiste dans tous les domaines,
au développement de revues électroniques avec comité de lecture
et en libre accès. Certaines sont des revues bien établies,
payantes sous forme papier et qui ont décidé de donner un accès
électronique gratuit. D'autres sont des revues nouvelles, créees
sous forme électronique seule. Souvent, ces périodiques proposent
un tirage annuel sur papier ou une archive sur CD. En général
elles bénéficient de subventions.
Mais, un nouveau système économique se développe : les frais
administratifs du "peer review" et de la mise en ligne sont
pris en charge par celui qui publie (ou par son institution).
Le montant de ces frais ($500) est bien inférieur au coût estimé
d'un article payé par abonnement (entre $2000 et $4000).
Il est essentiel de noter que :
- lors de l'achat d'abonnements
de manière traditionnelle, l'information est donnée seulement
à celui qui paye.
- lorsqu'on fait payer seulement
celui qui publie, l'information est distribuée gratuitement
à tous. De ce fait, les revues en libre accès donnent une plus
grande visibilité aux travaux des chercheurs.
Les avantages des périodiques électroniques en libre
accès : quelques exemples
La liste de tous les périodiques avec comité de lecture
et en libre accès se trouve sur le site DOAJ
Productions
Animales, revue éditée par l'INRA sous forme papier
a été mise en libre accès électronique. On note depuis, une
forte augmentation de la visibilité des travaux publiés dans
cette revue. Un article peut être téléchargé jusqu'à 200 fois
par mois.
En mathématiques Documenta
Mathematica est un journal électronique de mathémathiques
générales, fondé en1995, avec comité de lecture et gratuit.
Le modèle économique de ce journal (les auteurs
ne payent pas) est expliqué dans un
article de Ulf Rehemann.
En biologie et sciences médicales : BioMed
Central est une structure privée qui gravite autour
de Pubmed Central : BioMed Central propose en sciences biomédicales,
plus de 60
nouvelles revues BMC électroniques ainsi que d'autres
périodiques ayant une politique éditoriale "individuelle"
(compatible OAI). Les frais administratifs
du peer review et de la mise en ligne sont pris en charge par
celui qui publie. La visibilité des publications est grande
: on estime qu'un article est téléchargé en moyenne 200 fois
par mois. Le copyright est laissé aux auteurs. Les premiers
facteurs d'impact calculés par l'ISI commencent à être
connus . Faculty
of 1000 est un service de BioMed Central. C'est un service
payant qui donne l'accès à une évaluation d'articles déjà acceptés
dans des revues et donc déjà contrôlés par les pairs. Cette
évaluation permet que le jugement revienne à l'article lui-même
et ne porte plus seulement sur le facteur d'impact de la revue.
Public
Library of Science a lancé sa première revue
en 2003 : PLoS
Biology. La Gordon and Betty Moore
Foundation a offert en 2002 une subvention de 9 millions de
dollars pour soutenir plusieurs projets de revues en libre accès.
De nouvelles formes de "publication" électronique
The
Alliance for Cellular Signaling (AfCS). Plutôt
que de publier leurs données sur le signal cellulaire d'une
manière traditionnelle disparate, les chercheurs se sont organisés
pour mettre en commun leurs publications sur un site public.
Une présentation normalisée est exigée de tous les auteurs et
les données ainsi structurées permettent des recherches et des
simulations puissantes.
Les
grands projets nationaux et internationaux autour des Archives
eSciDoc
en 2004 est un nouveau projet sur 5 ans de 6.1M d'euros, financé
par le gouvernement allemand, pour que l'éditeur FIZ
Karlsruhe et Max
Planck Society (MPS) developpent une plateforme
d'auto-archivage pour les chercheurs des 80 instituts.
En Amérique latine, différentes fondations gouvernementales,
ont compris qu'une publication inaccessible était de la "science
perdue". Depuis 1998, elles ont mis en ligne gratuitement leurs
périodiques scientifiques en créant le projet SciElo.
Actuellement, on peut accéder à
SciELO Brazil, SciELO
Chile et au site SciELO
Cuba. D'autres pays, dont l'Espagne commencent à s'associer
au projet.
En Grande Bretagne, nous citerons seulement 5
projets, parmi tous les projets FAIR
(Focus on Access to Institutional
Resources).
Le projet TARDIS
de l'Université de Southampton pour développer un modèle d'Archives
multidisciplinaires institutionnelles.
Le project SHERPA (Securing
a Hybrid Environment for Research Preservation
and Access)et le projet PRESERV
[Preservation Eprints Services) pour étudier
la préservation à long terme des documents mis en archives.
Le projet RoMEO
(Rights MEtadata for Open Archiving ) pour étudier les différents
droits autour de l'auto-archivage des publications scientifiques,
sur un serveur OAI.
Le projet E-prints
UK pour des projets Fournisseur de Services OAI (collecte
de données, etc).
Aux USA, The
Mellon Foundation OAI programme et aux Pays-Bas, le
projet DARE
sont des projets du même type.
Le
projet PubMed Central a été lancé en 1999 aux
USA et financé par les NIH/NLM pour assurer la diffusion du
texte intégral des articles publiés dans des revues dans
les sciences de la vie. Les objectifs des années 2000 et 2001
ont rencontré des difficultés car beaucoup d'éditeurs, se sentant
menacés par cette initiative, ne souhaitent pas participer à
ces archives. Actuellement environ 100 revues sont accessibles
gratuitement sur le serveur PubMed
Central.
Le CNRS en France, a créé en octobre 2000 le Centre pour la
Communication Scientifique Directe (CCSD). Le CCSD a
créé un nouveau logiciel : Hal.
Ce logiciel permet aux auteurs français de soumettre leurs documents
à ArXiv, tout en déposant au passage une série d'informations
(métadonnées) qui sont utiles, soit aux lecteurs (mots-clés,
etc.), soit aux administrations (laboratoires, associations
multiples des laboratoires, etc.), soit en bibliométrie. Une
autre possibilité est de soumettre des documents dans des disciplines
qui ne sont pas couvertes par ArXiv.
Pour passer de l'édition papier
à l'édition électronique les revues en
sciences humaines et sociales pourront solliciter le Centre
d'Edition Numérique (CENS) créé
à Lyon. Le CNES s'inscrit dan le projet TGE
ADONIS : très grand équipement d'accès
unique aux données numériques des sciences de
l'homme et de la société.
La prise de position des fondations scientifiques
dans le monde
En 2005
le 28 juin 2005, les principaux organismes de subvention de
la recherche en Grande Bretagne, les Research
Councils UK (RCUK) ont annoncé leurs
propositions : les chercheurs qui percevront
des subventions à partir du mois d'octobre 2005, seront
fortement encouragés à mettre leurs publications
en libre accès.
Les NIH, en février
2005, reviennent en arrière dans leur
politique du libre accès : le dépôt
des publications n'est pas exigé (il est seulement conseillé)
et les articles ne seront en libre accès qu'au bout d'un
an.
En 2004
Les National Institutes
of Health (NIH)
mettent une condition aux subventions de recherche : tout article
de recherche basée sur une subvention NIH, devra être déposé
dans l'archive PubMed
Central. Dans la plupart des cas, ces articles ne seront
en libre accès que 6 mois après leur publication. Mais si le
NHI paye, ne serait-ce qu'une fraction pour cette publication,
l'article devra être immédiatement en libre accès. Pour plus
de détails voir
Sparc Open Access Letter (August 2004)
Voir le rapport de la Wellcome
Trust d'avril 2004 : Costs
and Business Models in Scientific Research Publishing
et traduction
française par l'INIST. Le Dr M. Walport, directeur
de la fondation, pose clairement la question, de savoir s'il
est normal que les fondations payent, pour lire les résultats
des recherches financées par leur soins.
En 2003
L'European Science Foundation l'ESF a publié des recommandations
pour la communication scieintifique dans l' European Science
Policy Briefing N°20 du 03/2003 : Open
Access : restoring scientific communication to its rightful
owners.
Le 11 avril 2003, à Howard Hughes Medical Institute,
Chevy Chase (USA), une réunion s'est tenue sur l'Open Access
Publishing. La fondation est prête à donner juqu'à $3000, pour
chacun de "ses" chercheurs, afin de financer leurs publications
dans des revues Libre Accès. Voir les déclarations des participants
dans le Bethesda
Statement on Open Access Publishing.
The Wellcome Trust
(UK), une des plus importantes fondations du monde, a publié
un rapport en faveur du Libre Accès, en octobre 2003: "An economic
Analysis of Scientific Research publishing".Traduction
française par l'INIST.
La prise de position des éditeurs
non commerciaux
En 2004
Washington
D.C. Principles For Free Access to Science le 16 mars
2004 : une déclaration d'intention pour le libre accès
d'un certain nombre de sociétés savantes éditeurs
en médecine et biologie. Liste
des signataires.
PALS:
The Publisher and Library/Learning Solutions est un groupe de
travail qui s'est formé entre les éditeurs anglais
representé by the Association of Learned and Professional
Society Publishers and the Publishers Association (ALPSP) et
le JISC. Voir
le rapport (lien à partir de "Pathfinder
research on web-based repositories").
La
prise de position des universités dans le monde
En 2005
La rencontre de Berlin
3 "Progress in Implementing the Berlin Declaration
on Open Access to Knowledge in the Sciences and Humanities",
s'est tenue à l'université de Southampton (UK)
le 28 février-1er mars 2005. A l'isssue de cette réunion
qui rassemblait les premiers signataires de la Déclaration
de Berlin de 2003, une politique forte pour favoriser l'auto-archivage
et la publication dans des revues en libre accès a été
recommandée (voir le compte-rendu).
Dans les semaines qui ont suivi, un grand nombre d'universités
et d'organismes de recherche ont affiché
officiellement leur politique et ce mouvement de concrétisation
de l'idée du libre accès ne fait que de commencer
: toutes les universités du monde entier sont appelées
à entrer dans la liste.
En 2003
Le 22 octobre 2003, la Déclaration
de Berlin qui est un engagement à développer le libre
accès aux résultats de la recherche, a été signée par un certain
nombre de responsables d'universités et d'instituts de recherche
européens. Un
appel est fait pour que d'autres institutions rejoignent
la liste des signataires.
La
prise de position des gouvernements
En 2004
Le
parlement anglais a demandé une enquête
en janvier 2004 sur la publication scientifique et le libre
accès.
Le
rapport a été rendu public le 20 juillet
2004. Voici certaines des recommandations du House of Commons
Select Committee on Science and Technology :
1) Le gouvernement devrait donner les fonds nécessaires pour
que toutes les universités anglaises développent des archives
ouvertes institutionnelles.
2) Les agences gouvernementales qui distribuent des fonds d'origine
publique devraient exiger que les organismes qui reçoivent ces
subventions pour leur recherche déposent les publications de
leurs chercheurs dans leur serveur institutionnel.
3) Le gouvernement devrait apporter un aide au payement des
auteurs qui publient dans des périodiques en libre accès.
Le gouvernement anglais a donné sa réponse le
8 novembre 2004 et n'a pas suivi les recommandations du rapport
du House of Commons Select Committee on Science and Technology.
Lire la
réponse du House of Commons Select Committee
on Science and Technology adressée au gouvernement et
l'article
de S. Pinckock.
Bruxelles a décidé en juin 2004 de faire une
étude sur les
publications scientifiques en Europe. Le libre accès
sera au coeur de cette étude. Les résultats seront
disponibles en 2005.
Le 29/30 janvier 2004, les ministres de la recherche de 34
pays, notamment de l'Union
européenne ont admis que l'accès ouvert
"contribue de façon décisive aux progrès
de la recherche scientifique et à l'innovation ".
L'OCDE
doit adopter une série de lignes directrices.
En 2003
Une demande de prise de conscience des gouvernements au niveau
mondial, sur la nécessité du libre accès
aux résultats de la recherche, a été faite
dans le cadre du Sommet
Mondial sur la Société de l'Information
(SMSI) par l'organisation d'une conférence "Libre
Accès : Vers une Science Libre" le 11 décembre
2003 à Genève. Une rédaction d'une Déclaration
de Principes a été rédigée
à l'issue de ce sommet.
Le
gouvernement australien a donné en 2003 une subvention
de 12 millions de dollars pour améliorer l'infrastructure
de la recherche australienne. Le libre accès, grâce
à 3 projets financés par ces fonds, sera largement
développé.
Les
mouvements sur le droit des chercheurs de disposer de leurs écrits
Le mouvement de pétition Public
Library of Science, lancé en janvier 2001 a pris de
l'ampleur et a suscité la naissance de débats entre les chercheurs
et les éditeurs dans les revues Science et Nature.
Relance du débat
"Open Access" en avril 2004 dans la revue
Nature.
Il ne faut pas oublier les débats beaucoup plus anciens mais
toujours très animés, sur le American
Scientist Open Access Forum créé en 1998 sous le nom
de September Forum par S. Harnad.
La Budapest
Open Access Initiative (BOAI) a été lancée le 14 février
2002 à la suite d'une rencontre à Budapest en décembre 2001.
Les participants de cette réunion représentaient différents
points de vue, différents champs disciplinaires, différents
pays et avaient tous participé à divers titres et de différentes
manières à un ensemble d'initiatives récentes, toutes caractérisées
par leur attachement à l'accès libre des publications scientifiques.
La BOAI est à la fois une déclaration de principe, une déclaration
de stratégie et une déclaration de soutien financier.
Liste des colloques dans le monde et
sélection des premiers colloques internationaux en Europe
Depuis 2001, un grand nombre de colloques
sur le libre accès sont organisés dans
le monde entier. En 2004, on en comptait entre 15 et
30 par mois. Les deux premiers workshops du CERN en 2001 et
2002, cités ci-dessous, ont beaucoup contribué
au lancement du mouvement OAI au niveau international : le nombre
de participants venus de tous les continents n'a cessé
de croître.
Du 22 au 24 mars 2001, un Workshop s'est tenu à Genève sur
le thème "
Open Archives Initiative and Peer Review Journals in Europe".
Des bibliothécaires ont pris l'initiative de rassembler au CERN,
les professionnels de l'information et les scientifiques européens
qui voulaient jouer un rôle dans le développement des Archives
Ouvertes. Un rapport
détaillé permet de situer cette manifestation dans le
mouvement général des Archives Ouvertes.
Du 17 au 19 octobre 2002 au Cern à Genève, le 2nd Workshop
on the Open Archives Initiative (OAI2) : Gaining Independence
with e-prints archives and OAI.
Du 12 au 14 février 2004,
au Cern à Genève l'OAI
3 : Innovations in Scholarly Communication. Implementing the
benefits of OAI.
Le 23 et 24 janvier 2003 un séminaire européen s'est
tenu à Paris sur le Libre
accès à l'information scientifique et technique : Etat de l'art
et perspectives.
Pour en savoir plus
1) Liste des colloques
passés et à venir consacrés au libre accès des résultats
de la recherche en ligne, partout dans le monde. Cette liste
est maintenue par P.Suber.
2) Ma sélection de pages thématiques : la communication scientifique en
libre accès
3) La publication de l'INIST : Libre accès à l'information
scientifique et technique : actualités, problématiques
et perspectives
4) Le bulletin d'information sur le libre accès, créé
par P. Suber : SPARC
Open Access Newsletter
Rédaction : Hélène Bosc