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Dr Simon M Luckman
School of Biological Sciences, University of Manchester, Manchester,
UK
Traduction : Arlette Burlet, Systèmes
Neuromodulateurs des Comportements Ingestifs, Université Henri
Poincaré, Nancy
Résumé
Puisque nous devons vivre, grandir et nous reproduire, l'évolution
nous a, sans surprise, équipé d'un système efficace
pour chercher la nourriture et pour la dévorer. Si ce n'est pas
suffisant, nos émotions hédoniques font que manger et boire
sont une expérience qui donne du plaisir. Donc, quoi dire pour
nous empêcher de manger? Avons-nous développé des
systèmes pour le faire efficacement ? Les problèmes d'excès
de poids et d'obésité étant en augmentation continue
suggèrent que non.¨
"Une autre bouchée et j'explose ¨
Quand nous mangeons un repas nos corps ressentent ce qui est appelé
une satiété gastrique. Les terminaisons nerveuses de l'estomac
et de l'intestin qui agissent comme des récepteurs chimiques à
distance, envoient des signaux électriques à la partie la
plus basse du cerveau, le tronc cérébral. L'information
est traitée par le tronc cérébral et ses connections
réciproques avec le tube digestif agissent pour contrôler
le niveau de nourriture qui traverse l'estomac, mais aussi pour activer
d'autres connections nerveuses qui stopperont l'acte alimentaire et termineront
le repas. Le tronc cérébral peut induire ces fonctions sans
que la sensation de satiété ait atteint notre conscience.
Cependant, ce mécanisme existe aussi pour protéger le corps
de l'ingestion de quelque chose de néfaste ou simplement pour ne
pas manger trop. La mise en jeu des mêmes voies ou de voies parallèles
induira nausée et vomissements répétés pour
éjecter les produits délétères. Dans ces circonstances,
nous sommes conscients de la sensation de plénitude ou de nausée,
mais nous ne pouvons pas faire grand chose pour contrôler notre
réponse réflexe.
Ces voies ne sont pas impliquées dans le maintien d'un poids corporel
stable pas plus qu'elles ne gèrent la prise calorique aiguë.
La stimulation artificielle du système qui activera le tronc cérébral
causera une réduction de la taille du repas. Cependant, le corps
compense alors la perte de prise alimentaire en initiant des repas plus
nombreux. Ce mécanisme compensatoire a pour origine une région
de la base du cerveau, l'hypothalamus.
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Notre
conduite alimentaire innée est sous l'influence de nombreux
signaux émis par le corps indiquant la satiété,
nos réserves de graisses et surtout notre statut énergétique |
Le poids corporel : un état étroitement
équilibré
L'hypothalamus fonctionne pour contrôler le poids corporel en équilibrant
la prise et les besoins énergétiques. Les régions
de l'hypothalamus qui sont impliquées dans la régulation
du poids corporel sont connues depuis quelque temps, mais c'est la découverte
de l'hormone, la leptine qui a donné la clé pour ouvrir
cette circuiterie complexe. La leptine est produite par le tissu adipeux
où la plus grande partie des graisses est stockée, et son
taux sanguin indique à l'hypothalamus le statut énergétique
global du corps. La leptine ne varie pas avec les repas, mais est un indicateur
à long terme du poids corporel. Les cellules nerveuses de l'hypothalamus
intègrent les signaux énergétiques à long
terme (leptine et autres hormones) avec des signaux à court terme
qui concernent les changements de niveaux sanguins des nutriments (sucres
et lipides), et aussi l'information venue du tronc cérébral
à propos de la satiété. Pour équilibrer les
réserves du corps, l'hypothalamus peut stimuler la dépense
énergétique en activant le système nerveux périphérique.
Ceci mobilisera les graisses stockées et les convertira en sucres
utilisables qui pourront être brûlés comme combustible,
de sorte que l'énergie sera perdue sous forme de chaleur.
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notre
corps signale frénétiquement à l'hypothalamus que
les stocks énergétiques sont complets...
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Né pour
manger, pas pour se priver
La réaction de l'hypothalamus à l'excès de nutriments
est comparable à la réponse "combattre ou fuir "
engendrée par le stress. Mais ces mécanismes sont ils efficaces
dans des situations telle que l'obésité, où une perte
de poids est nécessaire de façon chronique ? Le concept
de trop de nourriture est étranger à la plupart des animaux
et aussi à la majorité de la race humaine. Il est donc raisonnable
de suggérer que les systèmes qui sont requis pour perdre
du poids à long terme, ne se sont pas développés.
Donc les signaux hormonaux comme la leptine ne sont pas présents
pour prévenir l'obésité mais c'est plutôt leur
absence qui prévient d'un poids corporel bas. En mettant en jeu
ces signaux, l'hypothalamus détermine si l'animal est prêt
à d'autres fonctions, par exemple la reproduction et la croissance,
qui seront suspendues chez un animal sous alimenté jusqu'à
ce qu'un statut énergétique suffisant soit rétabli.
De la même manière, il est probable que ces signaux sont
nécessaires chez le jeune pour indiquer que le développement
corporel est correct et pour permettre l'entrée dans la puberté.
Que faire avec la prise de poids ?
Il n'y a pas de doute qu'un appétit pour une diète équilibrée
est bon pour la santé. Cependant, dans la société
actuelle, atteindre ce rêve devient plus difficile. Il y a les quelques
chanceux qui semblent rester minces sans effort tandis que, pour les autres,
nos appétits sont délétères. Comme nous prenons
du poids notre corps signale frénétiquement à l'hypothalamus
que les stocks énergétiques sont complets mais ces signaux
ne sont pas assez forts pour contrecarrer notre tendance innée
à manger.
Donc, quel espoir pour le surpoids ? Il apparaît déjà
qu'il y a peu de facteurs génétiques dans la population
humaine, qui peuvent être isolés pour expliquer les cas individuels
d'obésité et, donc, des interventions de remplacement rapide,
peut-être par substitution d'un seul élément dans
un mécanisme complexe, sont vraisemblablement vouer à l'échec.
Il y a peut être une ribambelle de gènes qui, s'ils sont
exprimés dans des rapports particuliers, conduiront un individu
à prendre ou non du poids. Peut-être dans le futur, par la
connaissance du profil génétique, nous serons capables de
cibler vers les individus sensibles des traitements personnalisés
et des programmes de style de vie. En vérité, notre meilleure
chance serait de bloquer nos appétits délétères
par la thérapeutique ou par l'éducation. Dans le même
temps,avant que je rentre à la maison attaquer un souper riche
en énergie et m'effondrer en face de la TV, mon conseil, et ma
résolution personnelle, est de manger moins et de prendre plus
d'exercice!
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les
systèmes qui sont requis pour perdre du poids à long terme,
ne se sont pas développés...
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Cette
brève est produite par la British Society for Neuroendocrinology
et peut être utilisée librement pour l'enseignement de la
neuroendocrinologie et la communication vers le public.
©British Society for Neuroendocrinology et Société
de Neuroendocrinologie pour la traduction.
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