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32ème colloque de la Société de Neuroendocrinologie
La Grande Motte (Hérault)
16 - 18 septembre 2004

 

L'obésité, cause ou conséquence du stress ?

Fanny Therrien (1), Vicky Drapeau (2), Josée Lalonde (1), Sonia Lupien (4), Trino Baptista (4), Serge Beaulieu (4), Angelo Tremblay (2) et Denis Richard (1)

1) Département d'anatomie et physiologie, Université Laval, Ste-Foy, Québec, Canada.
2) Division de kinésiologie, Université Laval, Ste-Foy, Québec, Canada.
3) Laboratoire de neurophysiologie, Hôpital Douglas, Montréal, Québec Canada.
4) Université McGill, Montréal, Québec, Canada.


Introduction
: Plusieurs groupes de recherche ont observé un lien entre l'obésité et l'activité de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA). Cependant, les mécanismes impliqués dans la relation étroite entre le stress et l'obésité sont encore obscurs. On ne connaît pas l'impact que les réserves de tissu adipeux ainsi que leur distribution peuvent avoir sur la réponse au stress et encore moins les effets de la perte de poids. La sécrétion de cortisol en réponse au réveil a été établie comme étant une mesure de la réactivité de l'axe HPA permettant de détecter des changements subtils reliés au stress chronique.

Objectif: Le but de cette étude était de mieux comprendre les effets de la distribution du tissu adipeux et de la perte de poids sur l'activité/réactivité de l'axe HPA chez des hommes et des femmes de différents statuts pondéraux, dans une perspective de déterminer s'il existe un lien potentiel de causalité entre le stress et l'obésité.

Méthodes: Trois groupes de sujets ont été sélectionnés pour participer à cette étude: poids normal, obèses (obésité périphérique pour les femmes et abdominale pour les hommes) et perte de poids (minimum 5 kg). L'activation de l'axe HPA a été mesurée par la sécrétion de cortisol salivaire dans les 30 minutes suivant le réveil.

Résultats: Les niveaux de cortisol en réponse au réveil ont varié en fonction du statut pondéral et de la distribution du tissu adipeux. On observe une réponse au réveil augmentée chez les hommes avec obésité viscérale, alors que ceux qui ont perdu du poids ont une réponse similaire à celle des hommes de poids normal (p < 0,05). Cependant, les hommes qui ont perdu du poids ont un niveau de cortisol immédiatement au réveil supérieur à celui des 2 autres groupes (p < 0,01). Du côté des femmes, celles qui ont perdu de poids démontrent une augmentation des niveaux de cortisol en réponse au réveil plus importante que celles avec obésité périphérique et de poids normal (p < 0,05).

Conclusion: Il semble bien que l'obésité et particulièrement la distribution du tissu adipeux influencent le statut de l'axe HPA et donc la réponse au stress. Les résultats sont en accord avec l'effet stimulateur bien connu de l'obésité abdominale sur l'axe HPA ainsi qu'avec l'effet de protection accentué face à la vulnérabilité au stress conféré au tissu adipeux périphérique. Les différents types d'obésité typiques à chaque sexe pourraient expliquer en partie les différences sexuelles dans la réponse au stress et la réactivité de l'axe HPA, autant avant qu'après la perte de poids. Finalement, cette étude confirme que la mesure de la sécrétion de cortisol en réponse au réveil fournit de l'information importante à propos de l'état basal de l'axe HPA

Cette étude a été subventionnée par les IRSC (Instituts de Recherche en Santé du Canada).

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