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L'obésité, cause ou conséquence
du stress ?
Fanny Therrien (1), Vicky Drapeau (2), Josée Lalonde (1), Sonia
Lupien (4), Trino Baptista (4), Serge Beaulieu (4), Angelo Tremblay (2)
et Denis Richard (1)
1) Département d'anatomie et physiologie, Université Laval,
Ste-Foy, Québec, Canada.
2) Division de kinésiologie, Université Laval, Ste-Foy,
Québec, Canada.
3) Laboratoire de neurophysiologie, Hôpital Douglas, Montréal,
Québec Canada.
4) Université McGill, Montréal, Québec, Canada.
Introduction: Plusieurs groupes de recherche ont observé un
lien entre l'obésité et l'activité de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien
(HPA). Cependant, les mécanismes impliqués dans la relation
étroite entre le stress et l'obésité sont encore
obscurs. On ne connaît pas l'impact que les réserves de tissu
adipeux ainsi que leur distribution peuvent avoir sur la réponse
au stress et encore moins les effets de la perte de poids. La sécrétion
de cortisol en réponse au réveil a été établie
comme étant une mesure de la réactivité de l'axe
HPA permettant de détecter des changements subtils reliés
au stress chronique.
Objectif: Le but de cette étude était de mieux comprendre
les effets de la distribution du tissu adipeux et de la perte de poids
sur l'activité/réactivité de l'axe HPA chez des hommes
et des femmes de différents statuts pondéraux, dans une
perspective de déterminer s'il existe un lien potentiel de causalité
entre le stress et l'obésité.
Méthodes: Trois groupes de sujets ont été
sélectionnés pour participer à cette étude:
poids normal, obèses (obésité périphérique
pour les femmes et abdominale pour les hommes) et perte de poids (minimum
5 kg). L'activation de l'axe HPA a été mesurée par
la sécrétion de cortisol salivaire dans les 30 minutes suivant
le réveil.
Résultats: Les niveaux de cortisol en réponse au
réveil ont varié en fonction du statut pondéral et
de la distribution du tissu adipeux. On observe une réponse au
réveil augmentée chez les hommes avec obésité
viscérale, alors que ceux qui ont perdu du poids ont une réponse
similaire à celle des hommes de poids normal (p < 0,05). Cependant,
les hommes qui ont perdu du poids ont un niveau de cortisol immédiatement
au réveil supérieur à celui des 2 autres groupes
(p < 0,01). Du côté des femmes, celles qui ont perdu de
poids démontrent une augmentation des niveaux de cortisol en réponse
au réveil plus importante que celles avec obésité
périphérique et de poids normal (p < 0,05).
Conclusion: Il semble bien que l'obésité et particulièrement
la distribution du tissu adipeux influencent le statut de l'axe HPA et
donc la réponse au stress. Les résultats sont en accord
avec l'effet stimulateur bien connu de l'obésité abdominale
sur l'axe HPA ainsi qu'avec l'effet de protection accentué face
à la vulnérabilité au stress conféré
au tissu adipeux périphérique. Les différents types
d'obésité typiques à chaque sexe pourraient expliquer
en partie les différences sexuelles dans la réponse au stress
et la réactivité de l'axe HPA, autant avant qu'après
la perte de poids. Finalement, cette étude confirme que la mesure
de la sécrétion de cortisol en réponse au réveil
fournit de l'information importante à propos de l'état basal
de l'axe HPA
Cette étude a été subventionnée par les
IRSC (Instituts de Recherche en Santé du Canada).
[Programme
Communications orales ]
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