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Pasteurelloses du lapin : revue
Synthèse scientifique parue dans : Revue de Médecine
Vétérinaire, 1999, 150(3), 221-232.
(à partir d'un fichier d'origine des auteurs, avec l'aimable
autorisation de la rédaction.)
M. Kpodékon 1, P. Rideaud 2, P. Coudert 3
- Université Nationale du Bénin, Laboratoire
de Recherche en Chimie et Biologie Appliquées, Unité
de Recherche Cunicole et Cavicole, BP 2009 Cotonou, Bénin.
- Institut National de la Recherche Agronomique,
Unité de Pathologie Animale, Le Magneraud, 17700 Surgères,
France.
- Institut National de la Recherche Agronomique,
Station de Pathologie Aviaire et de Parasitologie, Unité
de Pathologie du Lapin, 37380 Nouzilly, France.
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Résumé
La pasteurellose est l'une des maladies bactériennes les
plus fréquentes et graves chez le lapin aussi bien en élevage
qu'en animalerie de laboratoire. Elle est caractérisée
surtout par une atteinte de l'arbre respiratoire et par des affections
purulentes d'autres organes voire par des entérites ou
une septicémie. Cette pathogénie multiple a donné
lieux à de nombreuses études dés la fin du
XIXème siècle. Quasiment tous les lapins sont porteurs
de Pasteurella multocida. La maladie apparaît sous sa forme
aiguë le plus souvent lorsque les facteurs environnementaux
(taux d'ammoniac, vitesse de l'air) deviennent défavorables.
L'épidémiologie de la pasteurellose varie avec le
type d'élevage (fermier, laboratoire, professionnel) et
avec les souches. Dans les élevages professionnels, la
principale source d'infection est constituée par le portage
sain chez le lapin lui-même. Les reproducteurs constituent
les réservoirs constants de pasteurelles à l'intérieur
même de l'élevage et entre les élevages via
les opérations commerciales. La transmission aérienne
ne joue pas de rôle majeur et les lapereaux se contaminent
essentiellement au contact de leur mère à la fin
du sevrage. La fin de la gestation est également une période
d'extériorisation de la maladie chez les femelles. On isole
des pasteurelles dans l'oreille moyenne des reproductrices dans
plus de 60% des cas. Cette localisation asymptomatique joue un
rôle majeur dans l'épidémiologie. Pasteurella
multocida est l'unique Pasteurelle trouvée chez le lapin.
La bactériologie des pasteurelles, leur conservation et
leur identification est difficile De très nombreuses souches
peuvent être caractérisées soit par leurs
sérotypes capsulaires et somatiques (deux méthodes)
soit par leurs caractères biochimiques soit enfin par leur
pouvoir pathogène. Il y a peu, voire pas, de relation entre
le sérotype et le pouvoir pathogène chez le lapin.
Il existe des souches quasiment apathogènes qui se caractérisent
par l'absence d'ornithine décarboxylase (ODC) et une très
petite taille des colonies. Toutes les souches ODC+ sont pathogènes
à des degrés divers. Les symptômes et lésions
sont essentiellement une atteinte de l'arbre respiratoire et/ou
des formes abcédatives de la peau, des mamelles, de l'oreille
moyenne, de l'utérus, etc... Chez le lapin en engraissement,
l'origine pasteurellique des entérites est rarement diagnostiquée
mais probablement plus fréquente qu'on ne le croit. Les
formes septicémiques décrites en élevage
fermier sont rares en élevage professionnel et semblent
provenir de contamination par des souches aviaires (ODC+ et colonie
de très grande taille). Théoriquement le diagnostic
de pasteurellose est difficile sans l'aide du laboratoire car
les formes respiratoires sont peu ou pas différentes de
celles provoquées par d'autres germes et les formes abcèdatives
peuvent être d'origine staphylococcique. En pratique et
surtout en élevage professionnel l'origine pasteurellique
de ces deux formes de pathologie est de loin la plus fréquente.
Les traitements antibiotiques sont très décevants
car les rechutes sont quasi systématiques. En élevage
professionnel ils ne doivent être conseillés que
si de très rigoureuses mesures hygiénique et prophylactiques
sont simultanément mises en &156;uvre. Celles ci concernent
à la fois l'assainissement du cheptel reproducteur et l'assainissement
du milieu. La vaccination sera réservée aux reproducteurs
et ne sera qu'un accompagnement des mesures de prophylaxie hygiénique.
Seuls les autovaccins seront alors utilisés.
MOTS CLES: Pasteurellose, Lapin, Pasteurella multocida, pathologie,
épidémiologie, traitement, prophylaxie.
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Summary :
Pasteurelloses in rabbits - A review
Pasteurellosis is one of the most common and severe bacterial
diseases in the rabbit, both in commercial breeding and in laboratory
facilities. It is characterised particularly by disease of the
respiratory system and by pyogenic lesions affecting other organs,
or even enteritis or septicaemia.. These varying aspects of the
disease gave rise to many studies at the end of the nineteenth
century. Almost all rabbits are Pasteurella multocida carriers.
The disease most often occurs in its acute form when environmental
factors (ammonia levels, air speed, &133;) become deleterious.
The epidemiology of pasteurellosis varies according to the type
of breeding conditions (small scale breedings, laboratory facilities,
professional large scale breedings) and strains. In professional
breedings the main source of infection is the normal carrier status
of the rabbits themselves. The reproducing does constitute constant
reservoirs of pasteurella within the same breeding stock and between
breeding stocks via commercial operations. Airborn transmission
does not have a major role and young rabbits are contaminated
essentially by contact with their own mothers after weaning. The
end of gestation is also a period during which does transmit the
pathogen. Pasteurella are isolated in the middle ear of more than
60% of does. This asyrnptomatic localisation plays a major role
in the epidemiology. Pasteurella multocida is the only pasteurella
found in rabbits. The bacteriology, conservation and identification
of pasteurella is difficult. High numbers of strains can be characterised
by the capsular and somatic serotypes (two methods), by their
biochemical features or by their pathogenic potency. There is
little or no relationship between the serotype and the pathogenic
potency in the rabbit. There are some strains which are completely
pathogenic and characterised by the absence of ornithine decarboxylase
(ODC) and very small colonies. All ODC+ strains are pathogenic
in varying degrees. The symptoms and lesions are essentially respiratory
tract disease and/or forms involving abscesses of the skin, mammary,
glands, middle ear, uterus, etc. In fattening rabbits the pasteurella
origin of enteritis is rarely diagnosed but is probably more common
than is believed. The forms of septicaemia described in small
scale rabbit farms is rare in professional breedings and they
appear to arise from contamination by avian strains (ODC+ and
very large colonies). Theoretically the diagnosis of pasteurellosis
is difficult without laboratory help because respiratory forms
are hardly or not different from those caused by other bacilli,
and forms involving abscesses may have a staphylococcal origin.
In practice, and particularly in professional breedings, the pasteurella
origin of these two types of disease is far from the most frequent.
Treatment with antibiotics is extremely disappointing because
recurrence is more or less systematic. In professional breedings
it should be recommended only if very strict hygiene and prophylactic
measures are put in place at the same time. Such measures involve
both culling of diseased does and males and cleansing of the environment.
Vaccination is performed only for reproducers and should only
be used in addition to hygiene measures and prophylaxis. Only
autovaccines should then be used.
KEYS WORDS: Pasteurellosis, Rabbit, Pasteurella multocida,
pathology, epidemiology, treatment, prophylaxis.
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Introduction
La pasteurellose est l'une des maladies bactériennes
les plus fréquentes chez le lapin aussi bien en élevage
qu'en animalerie de laboratoire. Elle est caractérisée
surtout par une atteinte de l'arbre respiratoire et souvent par des
affections purulentes d'autres organes voire par une septicémie.
C'est une maladie connue depuis longtemps [22,23]. Le germe a été
minutieusement décrit par Smith [97,98] sous le nom de Bacterium
lepisepticum et classé dans le genre Pasteurella par Lignières
[60,60, 60,61]. A l'étape actuelle des connaissances, on peut
considérer trois types de pasteurellose :
- celle des lapins âgés (lapins de compagnie, lapins utilisés
pour de longues expérimentations, lapins producteurs de sérum)
- celle des lapins en élevage fermier où le niveau de
prophylaxie sanitaire est bas, la désinfection difficile ou rare,
le niveau de technicité moyen ou médiocre
- celle de l'élevage moderne, intensif à caractère
industriel.
La littérature est plutôt récente pour les deux
derniers types et provient en priorité des pays où la
production de lapins est développée ou se développe
(Italie, France, Espagne, Hongrie, Belgique...). Elle est abondante
et surtout anglo-saxonne pour le premier type comme en témoignent
les revues de Flatt [34,35] et surtout de Manning [68,69]. Cette dernière
est particulièrement instructive mais maintes parties sont peu
ou pas transposables aux pasteurelloses en élevage cunicole de
production.
La pasteurellose du lapin est une maladie très importante, en
témoigne l'intérêt que lui accordent tous les ouvrages
de pathologie cunicole [58,59, 52,52, 71,71, 58,58, 103,104, ,8].
Pour la production cunicole, c'est une maladie économiquement
importante [91,92, 91,93] intervenant pour au moins 50% dans les principales
causes de réforme des reproductrices [4]. Elle est médicalement
grave car les moyens de lutte sont complexes et les traitements coûteux,
longs et souvent peu efficaces. Elle est épidémiologiquement
grave car la subtotalité des élevages de lapins est infectée
et le portage sain est très répandu chez l'espèce
lapin [104]. Enfin, la pasteurellose qui peut se transmettre d'une espèce
animale à une autre, est une zoonose mineure [2].
1. Epidémiologie
Bien que la connaissance du lapin remonte loin dans le
temps, la domestication réelle de cet animal ne date vraiment
que du 19è siècle. Rappelons que le berceau du Lapin (Oryctolagus
cuniculus) est la péninsule ibérique [95, 10]. Les armées
romaines lui ont fait traverser les Pyrénées; les grands
explorateurs du Moyen Âge l'ont disséminé à
travers le reste du monde. Il a été de fait transporté
avec ses maladies. La pasteurellose du lapin existe donc partout où
vit cet animal. On la rencontre sur tous les continents.
La diffusion de certaines souches de pasteurelles s'est effectuée
ces dernières années à travers l'Europe cunicole,
par l'intermédiaire des réseaux commerciaux. Dans une
région donnée et au cours d'une même période,
on peut observer des formes différentes et des formes identiques
mais il n'existe pas de phénomènes épidémiologiques
régionaux de grande envergure.
Le portage sain étant de règle [58, 92, 93], l'apparition
dans un élevage dépendra des facteurs favorisants ou déclenchants,
environnementaux ou physiologiques. Puis lorsque l'effet de ces facteurs
s'atténue ou disparaît on observe une certaine rémission
de la maladie et une réapparition de celle-ci plus tard sous
la même forme ou une forme différente. Si l'on n'intervient
pas, la maladie peut revêtir une allure enzootique grave dont
l'évolution ne dépend plus de facteurs environnementaux.
Par ailleurs dans les pays où l'hygrométrie est très
faible à cause des températures hivernales très
basses (Canada, Pologne), la pasteurellose sévit de façon
endémique pendant cette saison.
Cette diversité de l'épidémiologie descriptive
explique la multiplicité des manifestations cliniques et peut-être
leur constance à travers les décennies.
A) L'Infection
La principale source d'infection est constituée par
le portage sain chez le lapin lui-même. Les reproducteurs constituent
les réservoirs constants de pasteurelles à l'intérieur
même de l'élevage [20,20]. Toutefois, l'infection par
de nouvelles souches peut être consécutive au peuplement
d'un nouvel atelier ou à un repeuplement d'élevage existant,
suite à une fonte de cheptel. Par ailleurs, le matériel
d'insémination peut représenter un vecteur important
d'infection du vagin. Compte tenu de la conformation anatomique de
cet organe, la pipette d'insémination peut introduire le germe
en profondeur et blesser la muqueuse. Selon l'instrument d'insémination
utilisé, le degré d'hygiène respecté par
le manipulateur, et le savoir-faire de ce dernier, on estime que 30%
et 60% des échecs d'inséminations peuvent être
dus, dans certains élevages, à une vaginite voire une
métrite induite par l'insémination elle même ou
par les gestations antérieures (6 à 9 par an !). Les
germes fréquemment isolés dans ces cas sont les pasteurelles.
Les sécrétions nasales et mammaires représentent
les principales matières virulentes. Viennent ensuite les objets
et le matériel souillés par les sécrétions
ou le pus. Le mode de contagion est direct. Les pasteurelles ne vivent
pas longtemps à l'extérieur de l'organisme. La transmission
aérienne au sens strict joue un rôle secondaire [26,27,
87], sauf si l'air est chargé de poussière. La principale
voie de pénétration est nasale. Les voies conjonctivales,
orale, transcutanée et vaginale ont également été
décrites.
B) La Réceptivité
* Facteurs extrinsèques
Les pasteurelles du lapin, à part certaines souches virulentes,
sont des agents pathogènes facultatifs. Les facteurs extrinsèques
jouent un rôle important dans l'apparition de la maladie. Les
voies respiratoires supérieures du lapin constituent un moyen
de défense très efficace. Néanmoins chez le lapin,
la structure des sinus est très complexe et leur muqueuse très
fragile. Ainsi, une trop grande vitesse de l'air dans l'élevage
ou une hygrométrie trop basse vont assécher les muqueuses
et rendre l'épithélium très sensible à
l'infection. Un taux d'ammoniac supérieur à 5 ppm est
suffisant chez le lapin pour paralyser les cils vibratiles de l'épithélium
et favoriser la rhinite. Les aliments granulés contenant trop
de « fines » (particules mal agglomérées)
vont jouer le même rôle. La mauvaise hygiène de
l'environnement immédiat du lapin (cages, abreuvoirs, trémies)
ainsi que le surpeuplement sont des facteurs favorisants. Les sols
(fonds de cages) sales perpétuent les mammites endémiques.
La manipulation des reproductrices est très fréquente
en élevage professionnel, en particulier, la palpation abdominale
(diagnostic de gestation) faite en série dans la maternité
représente un facteur de diffusion des mammites dans un élevage.
Le risque est d'autant plus grand que cette palpation se fait au moment
où la femelle se trouve être au pic de lactation donc
au moment où la mamelle est très sollicitée.
Lors du peuplement d'un nouvel élevage ou après un vide
sanitaire, la pasteurellose peut apparaître quelques semaines
plus tard, alors que l'élevage d'origine des reproducteurs
est cliniquement indemne; le simple changement de milieu est l'un
des facteurs favorisant cette apparition. A la suite d'un repeuplement
d'un élevage, si l'origine des animaux n'est plus la même,
de nouvelles souches de pasteurelles peuvent être introduites,
pouvant provoquer une pasteurellose endémique grave.
* Facteurs intrinsèques
La fréquence de la mortalité due à la pasteurellose
serait moins élevée dans la race néozélandaise
que chez le géant des flandres [30] cependant dans ce type de
données, il est difficile de dissocier les facteurs génétiques
de ceux liés à l'environnement. Néanmoins, à
milieu constant, Coudert et Brun [22] ont également observées
des différences de résistance entre souches de lapins:
la race Californienne semble plus sensible à la pasteurellose
que les croisés Californiens x Néo-zélandais; ces
derniers étant plus sensibles que la race Néo-zélandaise
pure
Le sexe ne joue aucun rôle. Le nombre apparemment plus élevé
de femelles atteintes est proportionnel au nombre absolu de femelles
dans la maternité et aux manipulations fréquentes dont
elles sont sujettes.
L'âge est un facteur très important. La résistance
«naturelle» des lapereaux avant le sevrage a été
montrée [87]. En effet, quant les conditions générales
d'environnement sont bonnes, les lapereaux restent indemnes de pasteurelles
jusqu'à l'âge de 21-25 jours, même si la mère
est porteuse saine. Il ne s'agit pas seulement d'immunité passive
transmise par le lait maternel puisque des essais d'inoculation expérimentale
de lapereaux issus de mères SPF sont restés infructueux
[89]. Toutefois, la contamination naturelle de jeunes lapereaux sous
la mère est possible dans les élevages où la pasteurellose
sévit de façon endémique [78, 26]. Dans un élevage
ne présentant aucun symptôme clinique, Rideaud et al. [86]
montrent l'évolution du portage asymptomatique de P. multocida
dans l'oreille moyenne: celui-ci est de 0% à 4 semaines, 3% à
8 semaines, 12% à 11 semaines, 18% à 14 semaines et 50%
après les premières mises bas.
L'état physiologique de la femelle peut être un facteur
qui détermine la réceptivité à l'infection
par les pasteurelles [22]. En élevages semi-intensifs et intensifs,
l'éleveur considère trop souvent la reproductrice est
comme une «distributrice automatique» de lapereaux et oublie
que c'est aussi un être biologique qui, dans l'année, va
conduire 6 ou 7 gestations et lactations, voire plus ! La fin de la
gestation, comme chez tout mammifère, se traduit par de profondes
modifications physiologiques et une plus grande fragilité due
entre autres à une immunodépression de quelques jours.
C'est dans les jours qui précèdent la mise bas que tous
les phénomènes pathologiques préexistants vont
s'extérioriser et notamment les affections respiratoires. Avec
le temps, l'utérus de la lapine est également mis à
rude épreuve et après la 8è ou 9è portée,
on doit craindre un portage chronique de P. multocida qui s'ajoute à
celui de l'oreille moyenne. Les mâles sont aussi de redoutables
porteurs sains, car on a tendance à les garder le plus longtemps
possible, pourvu qu'ils soient très actifs lors des saillies.
2. Symptômes
Avec le développement de la cuniculture rationnelle,
beaucoup de maladies ont régressé voire disparu et d'autres
sont apparues. Ce n'est pas le cas de la pasteurellose qui est restée
constante dans le temps. Depuis les travaux de Webster en 1924 [105,
106, 107], peu de nouveautés ont été décrites
sur les différentes formes de pasteurellose.
A) Forme respiratoire
C'est la plus fréquemment décrite, peut-être
parce que la plus visible. Les symptômes sont localisés
d'abord dans les voies respiratoires supérieures (rhinite, trachéite).
Les poils du museau et de l'extrémité des pattes antérieures
sont humides, souillés par le jetage. L'animal éternue
souvent, pulvérisant dans l'air de la sérosité
ou du mucopus. Cette rhinite aiguë peut évoluer vers le
stade chronique. Dans la phase finale, une partie ou la totalité
des cornets nasaux s'atrophie ou disparaît [54]. Ce phénomène
a suscité auprès des chercheurs l'idée d'une analogie
avec la rhinite atrophique du porc [28, 39]. Bien qu'il s'agisse dans
les deux cas du même germe, les souches ainsi que la pathogénie
ne sont pas identiques. Pneumonie ou pleuropneumonie sont les termes
ultimes de l'évolution de la forme respiratoire. Elles sont caractérisées
par une hyperthermie, une dyspnée et sont rapidement mortelles.
A ce stade, tout symptôme de coryza peut avoir disparu.
Cette symptomatologie respiratoire est peu différente de celle
observée avec d'autres germes tels que Staphylococcus, Streptococcus,
Bordetella.
B) Forme septicémique
La première lutte biologique pour détruire
les lapins fut réalisée dans une grande propriété
à la fin du siècle dernier avec Bacterium lepisepticum
(alias P. multocida). Il est rapporté que tous les lapins moururent
en quelques jours [105]. La septicémie survient surtout dans
les élevages fermiers où lapins et volailles cohabitent.
Il a été rapporté des cas de contagion naturelle
chez le lapin par des souches de P. multocida provenant de poules: ceux-ci
placés dans un ancien poulailler moururent de septicémie
en moins de 24 heures. Ceci est confirmé expérimentalement;
en effet, les souches les plus septicémiques chez le lapin proviennent
souvent de volailles [Coudert, 1997, travaux non publiés].
Cependant, la septicémie est rare ou rarement diagnostiquée.
En effet, dans les cas suraigus, l'animal peut mourir sans symptôme
apparent [59]. Parfois l'animal se retire dans un coin, apathique, recroquevillé
sur lui-même et l'hyperthermie peut atteindre 41°C. La mort
survient dans les 24 à 48 heures qui suivent le début
des symptômes. On n'observe généralement aucun signe
respiratoire. La septicémie peut évoluer vers les autres
formes cliniques: rhinite, pleuropneumonie, abcès... etc.
C) Abcés
Le lapin est connu pour son aptitude à faire des
abcès (streptocoques, staphylocoques, pasteurelles...). De façon
globale les affections abcédatives représentent la cause
essentielle d'élimination des reproductrices [18]. En élevage
fermier les abcès à staphylocoques prédominent
alors qu'en élevage professionnel les abcès pasteurelliques
sont devenus les plus fréquents. La raison principale de la régression
des abcès à staphylocoques est le meilleur état
d'hygiène imposé par la modernisation des élevages
cunicoles néanmoins des réseaux commerciaux ont diffusé
sur une grande échelle des souches de lapins porteurs de souches
de staphylocoques pathogènes. Le développement du commerce
de souches de lapins de chair sélectionnées, a également
conduit à une diffusion rapide des mêmes souches de pasteurelles
(pathogènes ou non) à travers l'Europe. En quelques années,
l'étiologie principale des abcès a pu ainsi être
modifiée.
La taille des abcès pasteurelliques varie de la grosseur d'un
grain de mil à celle d'un citron. Ils sont parfois très
volumineux et envahissants sans que l'animal ne semble très affecté.
Leurs localisations sont variées; ils peuvent être sous-cutanés,
sous-séreux, sous-muqueux, rétrobulbaires, génitaux,
rarement plantaires,... etc. La localisation dans la cavité de
l'oreille moyenne provoque le plus souvent une otite moyenne suppurée
(OMS) chronique qui présente un intéret particulier.
D) Otite et encéphalite
Dans les élevages, plus de 60% des reproductrices
ont une OMS pasteurellique associée éventuellement à
d'autres formes de pasteurellose [20]. Cette OMS est le plus souvent
asymptomatique. Elle peut évoluer en otite interne et/ou en encéphalite.
Dans ce cas les animaux, surtout les jeunes, présentent des symptômes
de troubles nerveux: torticolis, troubles vestibulaires [49]. La tête
est généralement tournée vers le côté
incriminé.
La fréquence de cette localisation dans l'oreille moyenne est
sans doute le facteur épidémiologique le plus intéressant
à prendre en compte, car elle constitue un véritable réservoir
de pasteurelles. Mieux, c'est une cavité et lorsque le pus s'y
est formé, on conçoit que les germes soient à l'abri
des traitements antibiotiques même les plus radicaux. Ceci explique
les rechutes qui sont presque systématiquement observées
après les traitements.
E) Métrite et mammite
Bien qu'on en connaissait l'existence [35, 46], les métrites
et vaginites pasteurelliques n'étaient pas fréquentes.
Leur fréquence s'est accrue avec l'intensification de la production
cunicole en Europe. La vulgarisation des méthodes d'insémination
artificielle a fait augmenter cette pathologie quelquefois de façon
spectaculaire dans certains élevages quand cette méthode
est pratiquée de façon peu professionnelle. La métrite
est suppurée et se traduit souvent par un pyomètre. Généralement,
les femelles gravides n'avortent pas mais on assiste à une lyse
embryonnaire. Ces métrites entraînent la stérilité
des femelles ou leur mort suite à une intoxination ou une septicopyohémie.
Quant aux mammites d'origine pasteurellique, elles sont devenues plus
fréquentes que celles d'origine staphylococcique à l'instar
de ce qui a été constaté pour les abcès.
F) Autres localisations
De multiples autres formes de pasteurellose ont été
décrites, telles l'ostéomyélite mandibulaire [43],
la péritonite [6], l'ostéoarthrite tibiotarsale [41],
la dacryocystite [81]. Ces formes sont souvent des cas isolés
et quasiment inconnues en élevage intensif.
3. Lésions
A) Lésions macroscopiques
* Forme respiratoire
Les cavités nasales contiennent du pus ou du mucopus. La muqueuse
est fortement congestionnée. Parfois les cornets nasaux ont partiellement
ou totalement disparu, la cavité renferme alors du pus mélangé
de sang. L'ouverture de la cavité thoracique fait découvrir
une pneumonie interstitielle et/ou une bronchopneumonie suppurée,
associées souvent à une pleurésie fibrineuse et
parfois à une péricardite fibrineuse unilatérales
ou bilatérales.
* Forme septicémique
L'autopsie des animaux révèle une rhinite séro-catarrhale,
une conjonctivite séreuse et de multiples hémorragies
sous-séreuses (plèvre et péricarde surtout). La
septicémie peut être associée à d'autres
lésions organiques. Le foie est congestionné mais la rate
a généralement un aspect normal.
* Otite et encéphalite
L'ouverture du bulbe tympanique laisse découvrir dans les cas
aigus une oreille moyenne remplie d'un exsudat séropurulent [37,
54]. La muqueuse est hyperhémiée, congestionnée,
souvent oedémateuse. Dans les cas chroniques, elle est épaissie;
la cavité tympanique est alors remplie d'un pus blanc-jaunâtre,
pâteux. La présence asymptomatique de P. multocida dans
le cerveau est presque aussi fréquente que dans l'oreille moyenne
[4]. Cependant celui-ci peut être le siège d'abcès
parfois volumineux. Aussi assiste-t-on souvent à une congestion
des méninges et à une méningite séreuse
[53, 54].
* Métrite et mammite
L'ouverture de l'utérus laisse apercevoir un pus blanchâtre
et un endomètre congestionné et épaissie. La métrite
est souvent associée à une vaginite, une salpingite et
une péritonite. Les glandes mammaires sont le siège d'une
inflammation parenchymateuse qui peut évoluer vers la formation
d'abcès.
B) Microscopie
Les organes lésés sont infiltrés
par des cellules inflammatoires surtout ganulocytes, associées
à quelques lymphocytes et plasmocytes, image caractérisant
une inflammation suppurée [84]. Les abcès présentent
leur structure microscopique habituelle. Dans les otites moyennes subaiguës
ou chroniques on assiste parfois à une métaplasie épithéliale
de la muqueuse. L'épithélium simple est alors remplacé
par un épithélium de type malpighien kératinisé
ou non [36].
Au total, la pasteurellose du lapin se décrit comme une maladie
d'évolution plutôt chronique dont les symptômes,
bien que très variés, se traduisent par un seul type de
lésion anatomique : l'inflammation suppurée. Quels sont
les facteurs qui expliquent cette uniformité lésionnelle?
4. Etiologie
A) Généralités
L'agent étiologique quasi unique lorsqu'on parle
de la pasteurellose du lapin est Pasteurella multocida. C'est un coccobacille
immobile et asporulé dont le diamètre est compris entre
0,2 et 0,3 micron et la longueur entre 1 et 2 microns. Les pasteurelles
sont Gram- et leur coloration est souvent bipolaire. Elles se colorent
également au bleu de méthylène et à la fuchsine.
Elles sont aéro-anaérobies. Elles sont très sensibles
aux traitements physico-chimiques. Elles sont par exemple détruites
en quelques minutes à la température de 60°C et en
1 ou 2 jours dans un milieu sec; elles ne résistent que quelques
jours à 4°C mais sont capables de résister des semaines
entières dans les lisiers et à l'intérieur des
cadavres. Elles sont très sensibles aux antiseptiques courants
et aux antibiotiques utilisés contre les bactéries Gram-.
La classification des pasteurelles a toujours été mouvante
jusqu'à ces dernières années [32, 73]. Le terme
Pasteurella a été créé en hommage à
Louis Pasteur, à la suite des travaux de Lignières [60]
qui permirent l'individualisation du genre Pasteurella. En 1901 Lignières
[61] établit une première classification en fonction de
l'espèce hôte. Mais une extrême confusion régnait
entre les pasteurelloses et leurs agents étiologiques jusqu'aux
travaux de Chamberland et Jouan [14]. Ces travaux permirent d'affirmer
que le genre Pasteurella est un microbe banal retrouvé dans l'intestin
et sur les muqueuses des voies aériennes des animaux sains. C'est
en 1939 que Rosenbusch et Merchant [94] proposèrent l'appellation
de Pasteurella multocida (qui-tue-de-nombreuses-espèces), grâce
à l'identité des caractères biochimiques quelle
que soit l'espèce hôte, animale ou humaine. Ce n'est qu'en
1981 que Pasteurella fit définitivement son entrée dans
la famille des Pasteurellaceae avec Pohl [82] puis en 1989 avec Mannheim
[66]. Mutters et al. [76], Avril et Donnio [2] précisèrent
la taxonomie du genre Pasteurella en proposant des sous-espèces
de Pasteurella multocida.
La bactériologie des pasteurelles est difficile et les erreurs
d'identification ne sont pas rares. Il n'existe pas de milieu de culture
spécifique pour P. multocida. Elle croît rapidement en
18-24 heures sur la gélose au sang ou sur gélose tryptosée
additionnée de 5% de sérum de cheval, mais pas sur gélose
de Mac Conkey contrairement aux actinobacilles, aux entérobactéries
et à Bordetella bronchiseptica. Sa conservation est relativement
difficile. Elle ne doit ni être conservée à 4°C
ni sur gélose en boite de Pétri car dans ces conditions
elle meurt rapidement. Pour garder leurs caractères culturaux,
biochimiques et antigéniques, les souches prélevées
sur gélose en boite de Pétri doivent être ensemencées
par piqûre profonde dans une gélose en tube pour conservation
de souches bactériennes (Sanofi, Diagnostic Pasteur référence
63683). Cette gélose "conservation" est également un bon
milieu pour le transport ou l'expédition des souches d'un laboratoire
à un autre. La culture doit être maintenue à l'abri
de la lumière et à température ambiante du laboratoire
et ne peut être conservée plus d'un mois. Passé
ce délai, les bactéries devront être conservées
dans des milieux plus complexes, à -20°C voire -70°C.
Souvent, l'absence d'un milieu adéquat constitue un facteur limitant
pour le transport ou l'expédition des prélèvements
ou des cultures de P. multocida d'un laboratoire à un autre.
Kawamoto et al. [48] recommandent les milieux Cary-Blair ou Leibovitz-15
pour l'expédition de prélèvements nasaux de lapins,
sans risques dans un délai de 4 jours. Mieux, dans ces deux milieux,
les pasteurelles ont une durée de survie de plus de 14 jours
à température ambiante. Shimoda et al. [97] recommandent
quant à eux d'effectuer le transport dans du PBS (pH: 7,0) à
4°C dans un délai de 8 jours. Toutefois dans cette dernière
condition le taux de survie des pasteurelles diminuent considérablement
à moins d'ajouter du lait écrémé au milieu.
Les souches de P. multocida se dégradent vite sur la gélose.
Cette dissociation est accélérée à la suite
de plusieurs repiquages [63] et au dernier stade de dégradation
(rough), la bactérie perd sa capsule.
Comme la plupart des bactéries Gram-, la capsule est de nature
polysaccharidique [83, 68]. Cette capsule chez certains sérotypes
de P. multocida isolées du lapin est très riche en acide
hyaluronique, en particulier le sérotype capsulaire A est plus
riche que le sérotype capsulaire D. Cet acide hyaluronique joue
le rôle d'adhésine, rôle d'autant plus marqué
que la quantité d'acide hyaluronique est plus importante [40,
34]. Mais ce constituant de la capsule est non antigénique et
empêche la production d'anticorps [11, 77]. Certaines souches,
virulentes, sont entourées de micropili (fimbriae) qui leur permettent
aussi d'adhérer à la muqueuse [40, 7]. D'autres produisent
une toxine dermonécrosante (sérotype D).
B) Souches
Le sérotypage de P. multocida a été entrepris
depuis longtemps en se basant sur un test d'agglutination [62] ou de
protection passive de la souris [91]. Carter [11] a pu développer
un test d'hémagglutination indirecte et classer les souches selon
leurs «antigènes capsulaires» en 4 sérogroupes:
A, B, D, E. Les pasteurelles du lapin appartiennent aux sérogroupes
A et D [67]. Le sérogroupe A est de loin le plus répandu
[79, 86, 88, 8]. Le sérogroupe D n'est pratiquement observé
qu'en élevage fermier ou en animalerie de laboratoire.
En 1961, les Japonais Namioka et Murata [77] mirent au point une méthode
de sérotypage basée sur les «antigènes somatiques»
obtenus après traitement des germes à l'HCl et ont classé
P. multocida en 11 types «somatiques». L'identification
combinée Namioka-Carter fut recommandée, par le séminaire-atelier
FAO/APHCA tenu au Sri Lanka en 1979, pour désigner les sérotypes
des pasteurelles responsables des septicémies hémorragiques
[24]. Mais cette méthode d'identification est très complexe
et difficile à réaliser surtout en ce qui concerne la
purification des «antigènes somatiques». En 1972,
Heddleston et al. [42] développèrent une autre méthode
de précipitation des «antigènes somatiques»
après traitement des germes à 100°C en 1 heure. Cette
méthode leur permit de classer P. multocida en 16 sérotypes.
En 1981, Carter et Chengappa [12] proposèrent d'adopter l'identification
selon Carter-Heddleston à cause de la facilité d'exécution
du test de Heddleston. Soulignons qu'il n'y a pas concordance entre
les sérotypes somatiques de Namioka et de Heddleston [8bis].
Par exemple le sérotype 5 de Namioka est différent du
sérotype 5 de Heddleston. Il en résulte une très
grande confusion dans la littérature. Notons qu'en France, la
méthode de Namioka est celle adoptée jusqu'à présent.
Pour l'espèce lapin, l'identification selon Namioka s'avère
la plus discriminante pour les pasteurelles. En effet en utilisant la
méthode Heddleston, le sérotype A: 3 est de très
loin le plus répandu en élevage industriel en Europe.
Avec la méthode de Namioka, la diversité des sérotypes
observés dans les élevages en question est beaucoup plus
grande, ce qui constitue donc un meilleur outil pour les études
de pathologie ou d'épidémiologie.
Chez le lapin, les caractéristiques antigéniques seuls
n'ont pas suffi à caractériser les souches de pasteurelles
ni selon leur pouvoir pathogène ni selon leur origine épidémiologique.
Des souches d'un même sérotype peuvent avoir des pouvoirs
pathogènes différents. Aux Etats Unis d'Amérique
le sérotype A:12 (méthode de Heddleston) serait le plus
fréquent [16] et le plus pathogène; ces résultats
ne sont pas retrouvés dans d'autres pays. En ce qui concerne
les pasteurelles retrouvées dans les élevages intensifs
d'Europe, on n'a jamais pu mettre en relation le pouvoir pathogène
et le sérotype (méthode de Namioka). Des recherches sont
encore nécessaires et s'orientent à l'heure actuelle vers
l'utilisation de méthodes biotechnologiques telles que la RAPD
(Random Amplified Polymorphic DNA) [15] ou l'étude cinétique
des caractères biochimiques. Cette dernière méthode
utilisée par [3] sur une centaine de souches a permis la distinction
entre souches réellement pathogènes et souches peu ou
pas pathogènes, posant peut-être ainsi les jalons pour
l'obtention d'autovaccins enfin efficaces.
D'autres auteurs s'orientent ces dernières années vers
une caractérisation complexe (morphologique, culturale et biochimique)
des souches [86, 88]. Selon ces auteurs, il existe une corrélation
positive entre le diamètre des colonies formées par des
différentes souches de P. multocida et leur pouvoir pathogène
pour le lapin. Selon les mêmes auteurs, la présence ou
l'absence d'Ornithine DéCarboxylase (ODC) chez P. multocida est
un critère plus discriminant. Il a été montré
que les souches sans ODC, quel que soit le diamètre des colonies,
sont peu ou pas pathogènes; ce critère est plus fiable
que la mesure du diamètre de la colonie pour prévoir la
pathogénicité des souches car, indépendant des
conditions de culture. Par ailleurs, les souches septicémiques
ont toutes un très grand diamètre et une ODC. Les pasteurelles
pathogènes sont donc toujours ODC+; leurs colonies sont de grande
taille ou de taille moyenne.
C) Pouvoir pathogène
Chez les pasteurelles en général, il n'existe
pas de relation évidente entre le sérotypeet l'espèce
animale hôte ou la nature de l'organe affecté ou le phénotype
des colonies formées dans les cultures [86, 88, 72]. La gamme
de virulence des pasteurelles du lapin est très étendue
et peut être classée en trois catégories:
* des souches à caractère septicémique qui tuent
en moins de 24 heures 100% des lapins inoculés avec moins de
1x103 germes déposés sur le bord des narines
* des souches qui ne tuent aucun lapin avec des inoculums de 1x106 germes.
* entre ces deux extrêmes, des souches qui tuent 20 à 80%
des lapins en 2 à 5 jours et qui provoquent des lésions
organiques diverses.
Sur le plan lésionnel, en dehors des souches qui présentent
un caractère septicémique, on observe des souches à
caractère pyogène prononcé, des souches hémolysantes,
des souches à tropisme nettement hépatique, splénique
ou pulmonaire...etc. Ces caractères peuvent être associés,
mais ce n'est pas toujours le cas: il existe des souches qui provoquent
une pathologie abcédative endémique grave mais peu ou
pas de pathologie pulmonaire.
L'origine animale des souches de P. multocida semble aussi jouer un
rôle important. Celles qui ont été isolées
chez les volailles (poules, canards, oies) se sont révélées
septicémiques pour le lapin [Coudert, 1997 non publié].
Ceci a été confirmé dans des cas naturelsde contamination
d'élevage cunicoles contaminées par des souches aviaires.
Les pasteurelles du porc sont pathogène, mais non septicémiques,
pour le lapin.
D) Pouvoirs antigénique et immunogène
L'infection par P. multocida est rapidement accompagnée
d'une forte production d'anticorps. Toutefois le pouvoir protecteur
des anticorps est très faible [80]. Certaines protéines
protéines de la membrane externe susceptibles de jouer un rôle
dans l'immunité sont spécifique. de Pasteurella multocida
des souches isolées du lapin [40bis]. Le pouvoir protecteur est
par ailleurs spécifique de la souche contaminante; il en résulte
que pour la prophylaxie médicale, seuls les autovaccins peuvent
être efficaces bien que de façon très relative.
E) Autres espèces de pasteurelles chez le lapin
Comme chez le rat, la souris et le hamster, P. pneumotropica
peut parfois provoquer chez le lapin des affections respiratoires telles
qu'une pneumonie subaiguë, une rhinite, une sinusite, une otite
moyenne [104]. Thigpen et al. [102] ont également isolé
de l'utérus de lapine ayant avorté P. aerogenes considérée
habituellement comme micro-organisme épiphyte de l'intestin du
porc et provoquant parfois chez ce dernier des avortements. De même
P. haemolytica a été isolé chez le lapin dans des
élevages où ceux-ci cohabitent avec des bovins. L'agent
étiologique quasi unique de la pasteurellose du lapin reste P.
multocida.
Cette bactérie étant un germe pathogène facultatif,
l'épidémiologie analytique de la pasteurellose sera certes
déterminée par la pression d'infection mais surtout par
les facteurs extrinsèques et intrinsèques de réceptivité.
5. Pathogénie
A partir de la porte de pénétration qui est le plus souvent
la cavité nasale, l'infection progressera de plusieurs façons:
- par la trachée vers les poumons, les macrophages alvéolaires
constituant les cellules cibles dans les premières phases de
l'infection pulmonaire [34]
- par le conduit nasolacrymal vers la conjonctive et le tissu rétrobulbaire
- par la trompe d'Eustache vers l'oreille moyenne et le cerveau
- par les nerfs , principalement les trijumeaux, et le système
lymphatique périneural vers le cerveau [53, 54].
- par le système lymphatique général [90] et par
le sang, provoquant une septicémie avec ou sans lésions
organiques.
Notons également :
- la voie transcutanée à la faveur de microtraumatismes
qui provoquent des abcès sous-cutanés plus ou moins diffus
selon les souches de pasteurelles. Avec certaines souches la voie intradermique
d'infection aboutit très régulièrement à
une pathologie intestinale. Avec les mêmes souches cette pathologie
intestinale est moins fréquemment observée lorsque l'inoculation
a lieu par voie intranasale [90]. Plusieurs auteurs [109, 103, 99] ont
par ailleurs signalé des entérites pasteurelliques spontanées
chez des lapereaux à l'engraissement. Ces entérites pasteurelliques
ont été reproduites expérimentalement avec certaines
souche de P. multocida inoculées par voie transcutanée
[90].
- la voie vaginale source de vaginite, de métrite, de salpingite
et de péritonite.
La pathogénie de la rhinite atrophique pasteurellique a préoccupé
les chercheurs ces dernières années. La rhinite atrophique
a été reproduite chez des lapins inoculés
par voie intra musculaire ou intranasale avec des toxines produites
par des isolats de P. multocida de porc ou de lapin [38, 29]. Mais le
pouvoir cytotoxique des souches utilisées n'a pu être confirmé
in vitro que sur des cultures cellulaires embryonnaires de cornets de
bovin. Ces toxines thermolabiles (dermonécrosantes chez le cobaye)
sont produites surtout par des souches de P multocida sérotype
Dqui sont très rares chez le lapin [101].
6. Diagnostic
A) Clinique
* Positif
Dans l'absolu il n'y a pas de symptômes pathognomoniques. La plupart
d'entre eux sont aussi observés lors d'infections à staphylocoques
ou à d'autres germes pyogènes tels que les klebsielles
(pneumonies). Seule la bactériologie peut confirmer l'étiologie
pasteurellique. En pratique, dans les élevages de production
européens en particulier, l'origine pasteurellique sera la plus
fréquente.
- Forme respiratoire : Le coryza est facile à diagnostiquer.
Les éternuements répétés sont facilement
audibles lorsqu'on entre dans un bâtiment d'élevage. L'état
humide et souillé des orifices nasaux, des poils du museau et
du bout des pattes antérieures attire l'attention. Chez les reproducteurs
on peut également observer une dyspnée, des reniflements
ou des ronflements en l'absence de coryza.
- Forme septicémique: La forme suraiguë n'est souvent pas
perçue car dans la plupart des cas l'animal meurt sans aucun
signe prémonitoire. Au cours de la forme aiguë il y a hyperthermie,
polypnée; l'animal est rétracté dans un coin; le
diagnostic est difficile.
- Abcès : Ils sont facilement décelés à
l'inspection et/ou à la palpation lorsqu'ils sont sous-cutanés,
rétrobulbaires ou mammaires.
- Otites moyennes et internes et encéphalites : sont rarement
diagnostiquées sauf lorsqu'il y a un torticolis ou un symptôme
de trouble nerveux.
- Métrites et vaginites: sont rarement diagnostiquées
par simple examen clinique.
* Différentiel
- Maladie hémorragique virale (Viral Haemorrhagic Disease: VHD).
Elle se différencie de la pasteurellose suraiguë par son
allure plus foudroyante et frappant un nombre beaucoup plus important
d'animaux en épargnant généralement les jeunes
animaux de moins de 6-7 semaines. L'antibiothérapie n'a aucun
effet sur la VHD ; et surtout cette maladie est épizootique et
atteint rarement un seul élevage isolément
- Torticolis et symptômes nerveux : En animalerie de laboratoire,
en élevage fermier mais surtout chez les lapins de compagnie
il faut penser en priorité aux complications de la gale des oreilles,
à l'encéphalite granulomateuse (Encephalitozoon cuniculi).
Chez le lapin de compagnie le torticoli est fréquemment du à
cette microsporidie [56] mais rarement en élevage de rente ou
chez le lapin de laboratoire [55].
- Pneumocystose: Vers l'âge de 28 jours une pneumonie interstitielle
très fugace à Pneumocystis carinii a été
décrite [25, 13]. Seuls les examens de laboratoire permettent
le diagnostic.
B) Paraclinique
* Autopsie et histologie
L'existence des lésions macroscopiques et microscopiques décrites
plus haut confirmeront qu'il s'agit d'un processus inflammatoire essentiellement
purulent. L'examen bactériologique mettra en évidence
les pasteurelles.
* Bactériologie
Le diagnostic sérologique est rarement pratiqué à
cause de l'omniprésence du germe chez le lapin. S'il s'avérait
nécessaire, un test ELISA est possible [110] et est plus fiable
que celui de la précipitation sur milieu gélosé;
le test d'inhibition de l'hémagglutination n'étant pas
fiable [47]. Le diagnostic bactériologique a plutôt recours
à la culture et à l'identification du germe [64].
Comme il n'existe pas de milieu spécifique, pour la culture de
ces germes, les prélèvements sont généralement
ensemencés sur gélose-tryptose + sérum de cheval
à5%. Les colonies sont alors rondes et irisées; d'opalescence
bleuâtre, d'odeur caractéristique. Lorsque l'ensemencement
est fait sur gélose au sang, l'aspect irisé n'apparait
pas et la suspicion de présence de pasteurelle est beaucoup plus
difficile. Pour identifier le germe, il est nécessaire de passer
à la recherche de certains caractères biochimiques typiques:
Mac Conkey (-), urée (-), citrate (-), indole (+), glucose (+),
saccharose (+). A l'exeption de l'ornitine décarboxylase (ODC)
et du sorbitol qui peuvent servir de marqueurs épidémiologiques,
les autres caractères biochimiques sont très peu variables
chez les pasteurelles isolées du lapin. La détermination
de l'ODC et l'évaluation du diamètre des colonies constituent
aussi des marqueurs de pathogénicité.
7. Pronostic
A) Formes respiratoires
En production cunicole le pronostic est réservé
pour les cas déclarés de pasteurellose. Le pronostic sera
toujours peu favorable si les souches de P. multocida sont ODC+. Il
sera également peu favorable si les conditions d'environnement
sont peu ou pas modifiables et si le producteur n'accepte pas d'éliminer
les malades avant d'entreprendre des traitements. Si un traitement de
masse devrait être opéré, il doit être associé
aux mesures prophylactiques [19].
B) Formes abcédatives
Elles sont économiquement incurables, et pour des
raisons sanitaires les animaux doivent être sacrifiés le
plus rapidement possible.
Sur des animaux de laboratoire ou de compagnie, le pronostic dépendra
de la forme d'apparition de la maladie. Un traitement antibiotique lourd
pourra être entrepris.
8. Traitements
Les essais in vitro montrent que les pasteurelles sont
sensibles à un large spectre de produits chimiques. En pratique
le traitement curatif de la pasteurellose est souvent infructueux pour
la raison principale que P. multocida est hors d'atteinte des molécules
utilisables en production animale (oreille moyenne, abcès, sinus...).
L'acide hyaluronique de la capsule de ces germes pourrait également
bloquer la pénétration de certains médicaments
à l'intérieur de ces bactéries [5]. En tout cas,
plusieurs auteurs ont fait état de fréquentes récidives
de la maladie suite aux traitements [9] ou l'inefficacité des
traitements antibiotiques [45, 65].
Si une antibiothérapie doit être entreprise, la voie parentérale
est la plus indiquée [44]. Le traitement doit être appliqué
longtemps à des posologies élevées [57bis]. Les
tétracyclines (l'oxytétracycline ou la tétracycline)
en intramusculaire ou en souscutané; les dérivés
du nitrofurane; les aminosides (la streptomycine ou la DH streptomycine,
la gentamicine); les quinolones ( la fluméquine ou l'enrofloxacine)
ont été utilisés avec des résultats plus
ou moins satisfaisants. Expérimentalement il a été
montré que certains antibiotiques peuvent avoir une efficacité
différente selon le mode de contamination par P. multocida (intra
dermique ou intranasale) [90]. En élevage de production il faut
considérer deux entités distinctes : la maternité
et l'engraissement. En cas de pasteurellose, les traitements en engraissement
seront peu efficaces à moyen terme si tous les moyens de lutte
n'ont pas d'abord été mis en &156;uvre à la
maternité. Chez les animaux de laboratoire ou de compagnie, le
traitement des affections systémiques peut être entrepris
selon la forme en présence; mais les échecs sont très
fréquents. En élevage de production les mesures de prophylaxie
sont les seules qui sont économiquement efficaces.
9. Prophylaxie
A) Sanitaire
Comme dans le cas des traitements, les mesures prophylactiques
devront d'abord être entreprises en maternité. Cependant
un rétablissement de la situation sanitaire en maternité
sera peu ou pas valorisé si les causes favorisantes ne sont pas
réduites en engraissement et notamment la ventilation et le taux
d'NH3 [74 ,75 ,46].
* Méthodes offensives
- Lorsque la pasteurellose est endémique dans un élevage,
le vide sanitaire est la meilleure solution. S'il s'agit d'une forme
abcédative avec mammite chez les femelles et abcès sous-cutanés
chez les lapereaux en engraissement (7-8 semaines d'âge), précédée
d'épisodes de diarrhée, le vide sanitaire est la seule
solution.
- En cas de pasteurellose chronique à prédominance respiratoire,
si le vide sanitaire n'est pas possible, il faudra plusieurs mois pour
rétablir une situation stable et surtout la participation active
de l'éleveur.
La première précaution est de prélever 2 à
3 animaux adultes vivants pour isoler les souches de P. multocida (de
préférence de l'oreille moyenne) afin de faire un autovaccin.
Il faut inciter l'éleveur à préparer immédiatement
un lot de jeunes reproductrices vaccinées dans un autre local.
Selon l'importance de la maladie, il est nécessaire de prévoir
un renouvellement de 20 à 40% du cheptel. Ce lot de reproductrices
lui permettra de réaliser plus aisément l'opération
offensive la plus importante: l'élimination des malades. Avant
d'éliminer massivement les malades il est nécessaire de
bien identifier les causes favorisantes, faire modifier la ventilation,
mettre en place un programme de nettoyage des cages, des sols, des murs.
Les femelles peu ou pas productives qui sont souvent de redoutables
porteuses saines ainsi que les mâles âgés seront
éliminés en priorité. L'élimination des
malades devra être d'abord massive (15 à 20% des femelles
en 2 à 3 semaines). Rappelons que spontanément le taux
de renouvellement du cheptel est d'environ 10% par mois [50, 51]. Un
renouvellement de 20 à 25% du cheptel en 1 mois ne sera qu'une
anticipation de quelques semaines; elle sera salutaire.
Ce n'est qu'après cette phase d'assainissement du milieu que
la chimioprévention deviendra médicalement et économiquement
efficace. Entreprise trop tôt, elle masque les malades qui de
toutes les façons rechuteront et augmenteront le risque de la
chimiorésistance. L'utilisation des antibiotiques via l'aliment
est très rarement efficace. On lui préférera l'injection
à tous les reproducteurs de tétracyclines retard à
2 ou 3 jours d'intervalle. Une semaine après la fin des traitements
une vaccination des reproducteurs restant peut être réalisée.
Dans la littérature aucun travail ne confirme l'efficacité
de la vaccination sur des reproducteurs en cours de production. Le repeuplement
avec les jeunes reproducteurs vaccinés se fera de préférence
de façon massive après le traitement des reproducteurs
de la maternité en cours de production. La vigilance de l'éleveur
devra persister plusieurs mois mais une simple élimination précoce
des femelles présentant un coryza suppuré pourra suffir
à stabiliser la situation.
* Méthodes défensives
Elles sont valables lorsque la situation est bonne dans un élevage.
En plus des règles générales en matière
de prophylaxie hygiénique, des actes quotidiens doivent être
observés. Il est indispensable d'éliminer les animaux
qui vont être malades. Les jours qui précèdent la
mise bas sont une bonne période pour la surveillance des reproductrices
[22]. L'examen des lapereaux au moment du sevrage est très instructif
sur le portage non apparent de P. multocida abcédative chez leur
mère.
En cas de renouvellement du cheptel par achat de reproducteurs sélectionnés,
le repeuplement par de très jeunes animaux limitera les risques
d'introduction simultanée de microflore pathogène. L'adoption
des lapereaux de «un jour» par des mères indemnes
de pasteurellose clinique sera privilégiée chaque fois
que le niveau technique de l'élevage le permettra. En cas d'auto-renouvellement,
le tri devra être sévère et les futurs reproducteurs
retirés précocement de l'engraissement. Par ailleurs,
en dehors des règles d'hygiène classiques, on veillera
particulièrement à ce que l'aliment granulé ne
comporte pas trop de poussière.
Certains laboratoires de recherche et producteurs de lapins de laboratoire
disposent de cheptels indemnes de Pasteurelles [96, 21]. Des mesures
prophylactiques très strictes et radicales sont indispensables
pour les entretenir et les maintenir indemnes [108].
B) Médicale
La vaccination est possible. De nombreux travaux expérimentaux
ont été réalisés mais les résultats
sur le terrain sont décevants [100]. Si les pasteurelles sont
dotées d'un bon pouvoir immunogène, les anticorps élaborés
sont très peu protecteurs. Les seuls vaccins qui donnent quelques
résultats acceptables sont les autovaccins. Ils ne sont utilisés
en pratique que pour aider à rétablir une meilleure situation
sanitaire en maternité. Les meilleurs résultats de vaccination
sont obtenus lorsque la primo vaccination a lieu sur des animaux de
5 à 6 semaines, en l'absence de traitement antibiotique simultané.
Deux rappels sont nécessaires à intervalles de 4 à
5 semaines. Le dernier rappel à ainsi lieu peu de temps avant
la mise en reproduction. On voit que pendant la période d'engraissement
la protection acquise est notablement insuffisante.
C) Risques pour l'éleveur
Les affections pasteurelliques en général
sont peu fréquentes chez l'homme. Elles peuvent néanmoins
être graves voire mortelles (méningite). Ces affections
sont situées le plus souvent dans la région oropharyngée
ou sont des complications de morsures, de griffures, ou de contacts
trop étroits avec les carnivores de compagnie tels que le chat
ou le chien [33]. Une étude faites au Japon où la pasteurellose
est officiellement une zoonose depuis 1989, Arashima Y. et al. [1] insistent
particulièrement sur le risque lié aux contacts étroits
avec les chats et les chiens et montrent que la fréquence des
pasteurelloses humaines augmentent ces dernières années.
Une étude faite en population rurale a montré que 32%
des fermiers d'élevage traditionnel sont séropositifs
[17]. Le Goff et al. [57] rappellent d'ailleurs que cette infection
est prise en charge non seulement en tant que complication d'accident
de travail après morsure ou griffade, mais aussi comme maladie
professionnelle indemnisable dans le Régime Agricole depuis la
récente publication du tableau n° 50 (J. O. du 28 janvier
1988).
Donnio et al. [31] font état de portage sain dans l'oropharynx
d'éleveurs d'espèces animales réceptives à
P. multocida: 42% chez les éleveurs de porcs et 10% chez les
éleveurs de bovins contre 0% chez les cuniculteurs. Ce dernier
résultat est conforme au fait qu'aucune affection pasteurellique
n'a jamais été signalée chez les cuniculteurs professionnels.
Par ailleurs il conforte le fait que si Pasteurella multocida est bien
transmissible d'une espèce à l'autre, chaque espèce
est spontanément porteuses de souches différentes.
Conclusion
La pasteurellose est l'une des pathologies des plus persistantes
et constantes du lapin. Elle se manifeste sous plusieurs formes dont
la plus apparente est la pathologie respiratoire mais bien d'autres
localisations sont connues et représentent un danger identique.
La virulence et la pathogénicité ne sont pas semblables
pour toutes les souches de P. multocida. La raison majeure de la persistance
des pasteurelles dans les élevages cunicoles est probablement
leur localisation dans l'oreille moyenne. Cela les rend très
peu accessibles aux molécules utilisables en production animale.
Les conditions d'environnement et notamment de ventilation jouent
un rôle essentiel dans le déclenchement de la maladie.
Les moyens de lutte devront donc prendre en compte ces deux facteurs:
élimination des animaux porteurs et a fortiori des malades
et amélioration des conditions d'environnement. Faute d'une
prophylaxie vaccinale réellement et rapidement efficace, la
prophylaxie hygiénique est le moyen le plus fiable pour contrôler
les pasteurelloses respiratoires. Les abcès cutanés
pasteurelliques enzootiques ne sont pas maîtrisables dans l'état
actuel des connaissances et le vide sanitaire sera en définitive
la solution la plus économique et la plus efficace. Enfin,
bien que les pasteurelles du lapin semblent pas ou peu concernées
on doit se souvenir que la pasteurellose est une zoonose et qu'un
contact trop étroit avec les chats et les chiens est un facteur
de risque pour l'homme.
Remerciements
Nous remercions tout particulièrement Marie-Estelle
ESNAULT du service de Documentation de la Station de Pathologie Aviaire
et de Parasitologie pour la recherche et le classement de documents
concernant la pasteurellose du lapin entrepris depuis plusieurs lustres.
Références bibliographiques
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