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Evolution du contrôle de l'hypodermose bovine en France


La situation française de l'hypodermose bovine fin 2000

C. Boulard, INRA-Nouzilly, M. Gregory DGAL Paris et B. Rault FNGDS Paris.

 

Contexte

A travers l'Europe, différents partenaires de la filière bovine, les éleveurs (au Danemark 1923, en Ireland 1979), les laitiers (en Hollande, 1953), l'industrie du cuir (en France, 1978), ont incité les pouvoirs publics à mettre en œuvre des programmes nationaux et coordonnés de lutte contre l'hypodermose (Boulard, 1999)
Cette coordination de la lutte vise à traiter tous les bovins simultanément. Les hypodermes des bovins sont étroitement spécifiques de leurs hôtes. Il n'y a donc pas de réservoir sauvage. Au cours de l'automne et de l'hiver cette population d'hypoderme est en totalité endoparasite des bovins (voir fiche cycle biologique). En traitant l'ensemble de la population de bovins d'une région, il devient possible d'y maîtriser toute la population d'hypoderme. Dès que cet objectif est atteint et que les cheptels sont indemnes, les traitements contre l'hypodermose sont suspendus. Ces objectifs ont été atteints plus ou moins rapidement en fonction des législations nationales et des insecticides utilisés. Certaines régions françaises ont pu atteindre ce but en 2 ans, d'autres moins rigoureuses, ou soumises à des réintroductions d'animaux porteurs d'hypodermes, ont du maintenir les traitements plusieurs années. Actuellement le Danemark, la Hollande, l'Ireland, le Royaume Uni et la République Tchèque sont indemnes d'hypodermes depuis de nombreuses années. Des mesures de protection contre une éventuelle ré-infestation s'adressent surtout à la surveillance des frontières et des réintroductions dans les cheptels

Programme français de lutte contre l'hypodermose

Ce plan est basé sur une lutte collective organisée à l'échelon régional par Fédération Nationale des Groupements de Défense Sanitaire (FNGDS, voir fiche réglementation). L'ensemble du territoire français a été soumis à l'obligation de traiter à partir de Juillet 1998 (arrêté ministériel nov.1994). Au niveau d'une région, ce plan comprend plusieurs phases:- le traitement de tous les cheptels bovins d'une zone centrale -puis l'extension de ces traitements à l'ensemble de la région généralement en 2 ou 3 ans (E. Petit, 1992). Les GDS régionaux sont chargés d'organiser les traitements (voir fiche traitements), de coordonner la progression des traitements d'une année à l'autre et d'évaluer l'efficacité de ce programme. Dès qu'une région présente moins de 5% de ses cheptels atteints d'hypodermose, la région est dite assainie. Les traitements systématiques sont alors suspendus. A ce stade, la surveillance des introductions de bovins, des foyers rémanents d'hypodermose et des frontières avec des régions ou pays limitrophes encore infestés devient la priorité des GDS.

Les engagements régionaux ont été très progressifs comme l'illustre la figure 2 (B. Rault, 1998). Sept régions présentaient des taux d'infestation encore supérieurs à 5% au cours de l'été 1998 (Fig. 1). Avec l'obligation de traitement dans toutes les régions non assainies et tous les cheptels détectés varonnés en zones assainies au cours de l'hiver 1998-1999, des résultats extrêmement satisfaisants ont été obtenus au printemps 1999 et 2000 : une région seulement présentaient des taux d'infestations de cheptels supérieurs à 5%. L'assainissement de l'ensemble des régions sera donc prochainement atteint et les traitements systématiques contre l'hypodermose suspendus sur l'ensemble du territoire. Cet arrêt des traitements dépend bien sur d'un maintien de l'absence d'hypoderme, sa réintroduction signifierait la reprise des traitements dans les zones infestées. Rappelons que les mouches extrêmement prolifiques propagent très rapidement la maladie sur de très larges territoires (voir fiche cycle biologique). Le contrôle de cette maladie s'est fait non seulement dans l'intérêt de la filière bovine mais également dans celui du consommateur (suspension du traitement annuel anti-hypodermose, disparition des tissus œdémateux sous jacents aux varons) et fin des risques d'hypodermose humaine.

 

References

C. BOULARD, 1999. La lutte contre l'hypodermose en Europe. Le Point Vétérinaire, vol. 30, n 199.

Y. DOUZAL, 1993. Development of the French National Programme of Eradication of bovin Hypodermosis. COST 811 (1994).

E. PETIT, 1992. Plan régional d'éradication de l'Hypodermose en Bourgogne. Bilan des 4 années de plan.COST 811 (1993).

B. RAULT, 1998. Situation du plan national d'éradication. GDS-Info 131, Septembre 1998, 15-18.

 


Responsable de la publication : Jean-François Vautherot © 2003 - INRA Mise à jour : 24/09/03 Réalisation : M.C. Fauré