Evolution du contrôle de l'hypodermose bovine en France
Cadre réglementaire
de la lutte contre l'hypodermose bovine
M. Gregory, DGAL Paris. et C. Boulard, INRA-Nouzilly
En France de 1940 à 1978, sur la base des dispositions
du code rural, plusieurs plans locaux tentent de faire chuter le niveau
de prévalence générale de l’hypodermose bovine par
un traitement curatif des jeunes animaux, généralement plus
varonnés. Mais l’infestation se reporte sur les animaux plus âgés
qui jouent alors le rôle de réservoir de l’hypodermose et
assurent la réinfestation d’année en année. En 1978,
les Ministères de l’Industrie et de l’Agriculture confient aux
groupements de défense sanitaire -organismes à vocation
sanitaire agréés réunissant les éleveurs-
la maîtrise d’oeuvre d’un programme qui doit aboutir à un
réel contrôle de la maladie. Ce plan est appliqué
activement en Bretagne et en Isère. Mais il ne s’étend que
sur de très petites zones géographiques dans quelques autres
régions françaises. Celles-ci, soumises aux réinfestations
des régions voisines non-traitées sont rapidement ré
infestées et ce programme inefficace est suspendu après
trois ans.
A partir de 1989, le Ministère de l'Agriculture
confie la maîtrise d'oeuvre d’un nouveau programme de lutte contre
l'hypodermose à la Fédération Nationale des Groupements
de Défense Sanitaire (FNGDS). Celui-ci se poursuit actuellement
et est fondé sur une lutte collective, gérée régionalement.
Par arrêté ministériel du 4 novembre 1994, pris sur
la base des articles 214-1 et 214-1 B du code rural, le Ministre de l’Agriculture
précise les objectifs du programme national d’éradication
de l’hypodermose bovine, avec pour but premier d'"assurer par des mesures
préventives et curatives l'assainissement raisonné du territoire
ainsi que la protection des effectifs bovins indemnes". Cet arrêté
détermine notamment les conditions dans lesquelles les actions
d'éradication sont progressivement étendues à l'ensemble
du territoire national à échéance du 1er
juillet 1998. Une commission
nationale spécialisée reçoit alors une délégation
pour traiter des sujets relatifs à la lutte contre l’hypodermose
bovine.
Les actions de lutte contre l’hypodermose bovine font
l’objet de programmes établis à l’échelon régional.
Conclus pour une période annuelle, ces programmes sont élaborés
par les maîtres d’oeuvres en concertation avec l’ensemble des partenaires
professionnels et administratifs locaux réunis au sein d’une commission
régionale d’évaluation et de suivi.
Des arrêtés préfectoraux précisent
annuellement les mesures de luttes en vigueur dans chaque département
et notamment les conditions :
- du traitement préventif systématique de tous les bovins
présents dans les zones infestées ;
- du traitement curatif des bovins porteurs de lésions d’hypodermose ;
- de la surveillance des zones en cours d’assainissement ou reconnues
assainies ;
- de l’interdiction de mettre en vente, d’exposer ou d’introduire dans
tout cheptel un bovin porteur de lésions d’hypodermose ;
- de la réalisation par le maître d’oeuvre de contrôles
visuels d’infestation représentatifs dans les exploitations ;
- de la mise en oeuvre d’une surveillance épidémiologique
de l’infestation parasitaire des cheptels.
Depuis 1998, les éleveurs officiellement engagés
en agriculture biologique auprès de la direction départementale
de l’agriculture et de la forêt peuvent déroger à
leur demande, au traitement chimique préventif. . Ils s’engagent
alors à réaliser la surveillance de leur cheptel et à
éliminer manuellement les larves d’hypodermes à leur sortie
(voir fiche Cycle
biologique).
Lorsque moins de 5% des cheptels d’un canton sont atteint
d’hypodermose le canton est considéré comme assainie et
les traitements généralisés sont suspendus. Des traitements
tactiques sont maintenus dans les exploitations infestées. La délivrance
d'une qualification pour les zones assainies depuis deux ans permet l'édition
d'attestations sanitaires à délivrance anticipée
(ASDA) portant l'inscription "varon : zone assainie"
pour les cheptels situés dans ces zones. Lors des échanges
commerciaux, les bovins accompagnés de ces documents sanitaires
sont ainsi dispensés d'un traitement à l'introduction dans
le cheptel acheteur.
Plusieurs objectifs prioritaires ont été
définis par la direction générale de l’alimentation
pour l’année 2000 (fixée jusqu’alors comme terme de l’éradication) :
-le traitement renforcé des foyers persistants ; - la mise au point
d’un protocole de surveillance des zones certifiées assainies par
suivi sérologique des cheptels ; - la mise en place d’un plan
de lutte spécifique de surveillance dans les zones frontalières ;
- la rédaction d’un cahier des charges permettant aux cheptels
d’accéder à une certification en matière d’hypodermose
bovine dans le cadre de l’ACERSA (Association pour la certification en
santé animale).
A ce stade, l'accent doit en effet être mis sur
le renforcement de la surveillance des foyers de résurgence dans
les régions totalement indemnes d'hypodermose bovine. La diminution
du taux d'infestation (fig. 1) et l'augmentation croissante du nombre
des régions certifiées assainies (fig.
2) permet en effet d'envisager le passage de la stratégie d'assainissement
à une stratégie de surveillance des zones assainies par
le renforcement
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